Banner Before Header

Virus Ebola : 60 cobayes britanniques pour tester un vaccin

0 191

ébola-4-670x441Une campagne d’essai accélérée débute sur un prototype de vaccin contre le virus Ebola. Si les résultats sont concluants, la vaccination pourrait débuter dès 2015. Une mobilisation exceptionnelle de la communauté scientifique.


Laboratoire pharmaceutique recherche volontaires pour tests d’un vaccin contre Ebola. Urgent. Quelque 60 cobayes humains britanniques vont recevoir en septembre  2014 une injection d’un prototype de vaccin contre le virus qui a déjà tué plus de 1.500 personnes en Afrique de l’Ouest. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, il pourrait contaminer plus de 20.000 personnes dans les neuf mois à venir.

Une campagne accélérée d’essais cliniques est lancée en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en Afrique sur un vaccin développé par GlaxoSmithKline (GSK) et le National Institutes of Health américain. Les essais vont se dérouler sous la houlette du laboratoire de recherche Jenner Institute à l’université d’Oxford, qui vient de débuter le recrutement de 60 volontaires. Les candidats doivent être âgés de 18 à 50 ans et en bonne santé. Ils recevront, une fois l’approbation éthique et règlementaire obtenue, dès la mi-septembre, une injection d’une seule protéine d’Ebola, et non le virus lui-même, pour provoquer une réaction immunitaire. Il n’y a donc pas de risque de contamination.

«Nous savons que ce vaccin va marcher mais nous devons le prouver»

Ebola VaccibeSelon le professeur Adrian Hill, responsable de l’essai à Oxford, il n’y aura aucune difficulté à trouver des candidats. «Nous recrutons environ 2.000 cobayes par an pour des essais de vaccination sur la malaria ou l’hépatite C. Les volontaires reçoivent un document d’une quinzaine de pages d’information. Il n’y a quasiment aucun effet secondaire à part une douleur passagère au bras et un peu de fièvre éventuellement. Nous savons que ce vaccin est sûr et qu’il va marcher mais nous devons le prouver», explique le chercheur. Les volontaires ne sont indemnisés qu’à hauteur de quelques centaines d’euros pour leur temps et leurs déplacements.

L’objectif est de démonter que le vaccin ne produit pas d’effet secondaire et de déterminer la dose appropriée. Il n’a été testé que sur des singes pour l’instant avec des résultats «prometteurs». D’autres campagnes d’essais cliniques seront conduites dans la foulée aux États-Unis, en Gambie et au Mali. Un second type de vaccin sera parallèlement testé aux États-Unis.

Début de la production de 10.000 doses

Le vaccin à l’étude, développé depuis 2011, a été mis au point par la société italienne de biotechnologies Okairos, acquise l’an dernier par GSK pour 250 millions d’euros. Il correspond à la souche zaïroise du virus observée en Afrique de l’Ouest, différente de la nouvelle souche qui vient de toucher le Congo. L’essai clinique est financé à hauteur de 3,5 millions d’euros par GSK, le gouvernement britannique et le Wellcome Trust.

Les premiers résultats de l’étude sont attendus à la fin de l’année. «En règle générale, il faut au minimum dix ans pour développer un vaccin mais, vu l’urgence de la situation, un consortium international a été créé pour accélérer ce processus. En fonction des données obtenues, l’OMS pourrait organiser une première campagne de vaccination compassionnelle pour les populations les plus à risque dès l’année prochaine», explique une porte-parole de GSK. En même temps que se déroulent les essais cliniques, GSK lance la production de 10.000 doses du vaccin qui seront disponibles s’ils sont jugés concluants.

Florentin Collomp-figaro.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.