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Une végétation naturellement résistante aux changements climatiques

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Peatland1600  http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/77838.htm.Une étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Tel-Aviv a montré que les écosystèmes semi-arides ont la capacité de résister aux changements climatiques à venir.

Une étude prospective

Les prédictions des changements climatiques au Moyen-Orient sont, comme pour d’autres régions arides ou semi-arides dans le monde, alarmantes. Dans une surface connue pour sa pauvreté en eau, les pluies sont censées diminuer dans un futur proche, un vrai désastre pour le fonctionnement d’écosystèmes uniques et riches en espèces variées. Afin de tester ces prédictions, le professeur Marcelo Sternberg du Department of Molecular Biology and Ecology of Plants de l’Université de Tel-Aviv et des scientifiques de l’Université de Tübingen (Allemagne) ont soumis des écosystèmes naturels à une sécheresse expérimentale sur 9 ans, simulant les scenarii climatiques prévus.

Lors de l’expérience conduite sur quatre écosystèmes différents allant du désert (8,8 cm de pluies annuelles) aux forêts humides de Méditerranée (78 cm de pluies annuelles), les chercheurs ont découvert que, contrairement aux prédictions, aucun changement quantifiable n’était constaté. Ni les caractéristiques cruciales de la végétation, ni la richesse en espèces, ni la densité ni la biomasse n’avaient changé de façon significative suite aux manipulations des quantités de pluie. « D’après notre étude, les hypothèses actuelles, à savoir que les régions semi-arides réagiront fortement aux changements climatiques, ont besoin d’être corrigées » explique le professeur Sternberg. Le résultat surprenant de cette étude a été publié dans le journal Nature Communications.

Une « zone de confort » naturelle

Les écosystèmes affectés ont montré une certaine résistance, probablement due aux quantités très variables de pluies annuelles de leur région d’origine. Les changements climatiques expérimentaux, qui ont simulé une diminution d’environ 30% des pluies, ont semblé rentrer dans les limites de la « zone de confort » naturelle de ces plantes sauvages.

Dans leurs expériences, les scientifiques ont voulu tester une des affirmations basiques sur les changements climatiques : les espèces végétales migreraient vers des lieux plus hospitaliers afin de survivre. Les chercheurs ont testé deux alternatives possibles: premièrement, la disparition d’une espèce est due a son incapacité à migrer vers des nouvelles et plus confortables régions et deuxièmement, d’autres variétés de la même espèce s’adapteront aux nouvelles conditions crées par les changements climatiques. « Cette deuxième option a été ignorée par la plupart des chercheurs », explique Pr Sternberg, qui a découvert que l’adaptation locale était la première réaction des communautés végétales qui étaient testées.

Il semblerait que les plantes étudiées possèdent une « zone de confort » qui leur permettrait de s’adapter à des changements climatiques pouvant être assez drastiques. Ainsi, les écosystèmes affectés ont montré une certaine résistance, probablement due aux quantités habituellement très variables des pluies annuelles de leur région d’origine. Les changements climatiques expérimentaux, qui ont simulé une diminution d’environ 30% des pluies, étaient dans les limites de cette « zone de confort » naturelle de ces plantes sauvages.

Une étude complète

« Notre expérience est probablement la plus complète réalisée à ce jour sur les changements climatiques, du fait du nombre de sites inclus, de la longue durée des manipulations expérimentales et de l’immense richesse en espèces en jeu« , explique le professeur Sternberg. Cette étude aura permis de montrer que les espèces végétales méditerranéennes et des régions semi-arides seront peu affectées par les changements climatiques à venir, du moins à court et moyen termes. Cependant, il ne peut être exclu que la composition des espèces puisse changer après 20 ou 30 ans. Le professeur Sternberg est d’ailleurs à la recherche d’une nouvelle collaboration et de nouveaux financements pour vérifier cette hypothèse en allongeant la durée de son expérimentation.

Hanna Bueno, DVM, Volontaire internationale chercheuse à l’Université de Tel-Aviv

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