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Un nanovelcro pour détecter la présence de mercure

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nano-velcroUne équipe de chercheurs helvético-américaine a mis au point un système de détection de l’ion méthylmercure, simple et d’une précision sans précédent.Le méthylmercure est la forme la plus courante du mercure. Il s’accumule le long de la chaîne alimentaire notamment dans la chair de certains poissons prédateurs tels que les thons ou les espadons. Chez l’homme, le mercure peut être dangereux pour la santé, en particulier chez les femmes enceintes, car il peut entraîner des troubles du développement du système nerveux chez le foetus. Or, jusqu’à présent les moyens de contrôle existants se révèlent coûteux et complexes, ne permettant pas des contrôles continus ou du moins réguliers.

Les équipes de Francesco Stellaci à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et Bartosz Grzybowski à la Northwester University viennent de développer un nanovelcro capable de détecter et de piéger le méthylmercure. Cette technologie, facile à mettre en oeuvre, se compose d’une languette de verre recouverte d’un film de nanoparticules recouvertes de poils. En présence de méthylmercure, les poils se referment piégeant les molécules polluantes. Un simple appareil de mesure du courant électrique est nécessaire pour déduire le nombre de particules retenues : plus le nanovelcro capture d’ions, plus il est conducteur.

Cette méthode, présentée dans la revue Nature Materials, permet le contrôle facile et à moindre coût de la concentration de méthylmercure dans l’eau et surtout dans les poissons que nous consommons. La fabrication d’une languette ne coûte pas plus de dix euros et le prix des appareils de mesures n’excède pas quelques milliers d’euros. Avec une méthode conventionnelle, il est nécessaire d’envoyer des prélèvements dans un laboratoire, où les matériels d’analyse coûtent plusieurs millions d’euros. En outre, d’une précision sans précédent, ce procédé permet de détecter le méthylmercure à des concentrations infimes « atomolaires » (10^-15 mol/m3).

En modulant la longueur de nanopoils, il est possible de cibler le type de molécule à capturer. Aussi, les chercheurs tentent d’adapter ce système à d’autres particules et sont d’ores et déjà parvenus à détecter, avec un très bon niveau de précision, le cadmium, un autre métal lourd polluant.

Lucile Vareilles

Article précédemment lu sur   bulletins-electroniques 

 

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