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Tourisme balnéaire :les plages sont devenues dangereuses au Cameroun

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 plage camerounA cause du manque de matérialisation et de leur dégradation progressive, elles attirent de moins en moins les touristes. Entre 2014 et 2015, les plages de Kribi ont fait plus de 20 morts.L’état des plages au Cameroun, plus particulièrement celles de Kribi, est davantage inquiétant. Ces berges qui étaient jadis très convoitées par des touristes et des vacanciers perdent progressivement leur force d’attraction.

Désormais, on s’assoit sur du sable à cause du manque de bancs publics ; on se soulage dans la broussaille par faute de lieux d’aisance. Les jardins ne sont plus verts, les fleurs ont fané (…) Les vacanciers et les touristes se baignent en désordre, sans une plaque indiquant le mauvais endroit et sans un maître-nageur pour intervenir en cas de situation critique ; conséquence, des cas de noyades régulières sont enregistrés.

« Depuis quatre ans environ, il ne se passe pas de vacances sans noyade à la plage de Wamiè. L’an dernier le nombre avoisinait les 10… » déclare S.M. Ecko Behondo, chef du quartier Wamié. « Nous déplorons l’absence des maîtres-nageurs ; j’ai saisi ma hiérarchie de façon administrative, mais jusqu’ici rien n’est fait » ajoute-t-il. En avril 2014, pendant les congés de pâques, sept jeunes personnes ont trouvé la mort par noyade en un laps de temps.

Sur instructions du préfet de l’océan, on a placardé sur la zone un panneau indiquant : « Plage dangereuse, ».  A présent, les pêcheurs s’accordent à dire que le meilleur moyen de limiter les dégâts c’est de placer les agents de sécurité municipale qui devront réguler les baignades. « Mais le problème c’est la Communauté urbaine de Kribi qui ne veut pas recruter des jeunes pour œuvrer dans ce sens » déplore Bobwam, un pêcheur.

Au-delà des faits cités, la beauté des plages de Kribi s’efface aussi à cause de l’érosion. Elle est en partie due à l’action humaine. Au quotidien, les riverains pratiquent l’activité d’extraction du sable sur les bords de la mer. Des experts environnementaux affirment que ces activités intenses sont la principale cause de la dégradation des berges. « Voyez-vous ces cocotiers qui tombent à tout moment au moindre passage d’un vent fort et ces arbres qui se déracinent, c’est à cause de la mauvaise exploitation de sable explique un technicien à la délégation départementale de l’environnement et de la protection de la nature de l’océan. Michel Tsiangué, délégué de ce département ministériel à Kribi peine à imposer la rigueur.

« A cette allure, si les autorités restent mains croisées les vagues de la mer avaleront toute la plage au bout de 10 ans car déjà, on le voit souvent, quand la marée est bien haute, l’eau va jusqu’en route.” S’inquiète un photographe.

Lazare Kingue

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