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Réchauffement de la planète : l’Afrique centrale peaufine sa stratégie

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lueurdespoirLe rendez-vous de l’Association Internationale des Maires Francophones à Douala a permis aux autorités municipales des villes de l’Afrique centrale de trouver les moyens de concilier les stratégies de réponse au changement climatique. Et les aspirations au développement urbain.

 Le ministre de l’Habitat et du Développement Urbain, Jean Claude MBWENTCHOU, a présidé le lundi 23 juin 2014 à l’hôtel de ville de Douala, la cérémonie d’ouverture des travaux du séminaire sur l’implication des autorités locales dans la lutte contre la production des gaz à effet de serre, placé sous le thème «Villes d’Afrique centrale et changement climatique ».

 Organisé par la Communauté Urbaine de Douala et l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF), le séminaire qui s’est déroulé dans la capitale économique du Cameroun pendant trois jours s’est présenté comme une réunion préparatoire des villes d’Afrique Centrale à l’Assemblée Générale de l’AIMF prévue en novembre2014, à Dakar au Sénégal, sur . Ce séminaire de Douala s’inscrit dans la logique de l’objectif générale de la commission « villes et développement durable». Le but est de faciliter la circulation de l’information et pérenniser les bonnes pratiques en matière de préservation de l’environnement.

 Constat

 La croissance des villes constitue un des faites majeurs de ce début du millénaire. Le mouvement prendra des allures déferlantes pour les pays relevant de l’aide au développement dont les villes devront accueillir environ deux milliards d’habitants à l’horizon 2025 d’après les projections de la Direction des Nations unies pour la population.

 Depuis le début des années 2000 et pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, plus de 50% de la population mondiale vit en ville. Ce phénomène est davantage une donnée fondamentale en Afrique où environ 413 millions d’Africains vivent aujourd’hui sur les territoires urbanisés ; et des estimations révèlent que si rien n’est fait, d’ici à 2050, 70% d’entre eux habiteront dans les bidonvilles. Les zones bâties devraient se tripler si la tendance actuelle continue.

 Si l’on considère que la ville est un facteur de développement, social et culturel, il est par conséquent logique d’admettre que l’emploi en milieu urbain se caractérise par une productivité largement supérieure à celle des campagnes.

En même temps, la ville produit des externalités négatives à la fois sur les plans de l’organisation physique, de l’équité sociale mais aussi des tensions environnementales notamment en terme de production des pollutions liquides et atmosphériques.

 En d’autres termes, les changements climatiques constitueraient une contrainte additionnelle dans un contexte d’insuffisance de ressources nationales ; de demande croissante en équipements et en services urbains de base, d’un renforcement des vulnérabilités, de l’extension de la précarité, de la réduction du marché de l’emploi.

 Autant d’éléments qui provoquent la dégradation de la santé et de la qualité de vie des populations urbaines et mettent en même temps la vie des établissements humains en danger.

 Depuis les années 2000, les phénomènes météorologiques ont eu des effets notables dans les villes d’Afrique centrale. Ainsi des villes comme Bangui, Libreville Brazzaville,Kinshasa Douala, Yaoundé, N’Gaoundéré, Garoua, Maroua, ont connu des pluies et des inondations inhabituelles. Les villes les plus exposées sont situées dans la partie nord de l’Afrique centrale, sur le littoral atlantique et dans les zones côtières de faible altitude comme Douala.

 En conclusion, les villes d’Afrique centrale sont confrontées à une menace extrêmement préoccupante ; impulsée par des forces puissantes apparues du fait de l’homme et déchainées au cours de l’ère industrielle sous l’effet du développement et l’exploitation de la nature.

 Ainsi, à l’entame des assises de Douala, le ministre de l’Habitat et du Développement Urbain Jean Claude MBWENTCHOU a émis le voeu de construction « d’une approche sous régionale appropriées pour des villes durables plus vertes pour mettre un terme à l’urbanisation non durable et œuvrer pour que les villes soient pour les habitants synonymes d’opportunités et d’espoir. En même temps plus intelligentes pour répondre à un objectif de sobriété dans l’utilisation des ressources : économies d’eau, d’électricité, consommation d’énergie maitrisée grâce aux dispositifs de mesure en temps réel, minimisation des pertes dues aux vieillissements des réseaux. Plus résilientes pour accroître la capacité d’absorption ou des crises même prévisibles .»

 Philibert Malonga, Premier Secrétaire du Conseil départemental et municipal, représentant Hugues Ngouelondelé, député Maire de Brazzaville et Vice-Président de l’AIMF Afrique centrale, a quant à lui invité ses pairs à mettre en place « la démocratie participative » pour apporter une réponse idoine à ce défi qui se pose au développement durable. D’autant plus que ce séminaire avait pour objectif, dans la perspective de l’assemblée générale de l’AIMF de Dakar en nombre 2014, et de la conférence de Paris sur le climat en 2015, « d’amener les villes francophones à élaborer un plaidoyer argumenté à exposer et à défendre sur la scène internationale ».

 En définitive, les assises de Douala avaient pour but d’engager les villes d’Afrique centrale dans le débat relatif de la démarche à suivre pour élaborer des projets territoriaux innovants d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques. Parmi les villes d’Afrique Centrale ayant répondu à l’appel de Douala, l’on peut mentionner : Bangui, Brazzaville, Kinshasa, Ndjamena, Pointe-Noire, Bangangté, Dschang, Foumban, Yaoundé, Ebolowa, Limbé, Garoua, Edéa, Bertoua, N’gaoundéré et Kaolack (commune sénégalaise).

 Florine Nseumi Léa-BOSANGI-

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