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Quand les villes africaines se mettent au vert

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lamy_F2Certaines villes africaines sont citées en exemple dans le continent pour leur attitude éco-responsable. Celles-ci affichent des indices et des plans de développement où le vocable « durable » revêt toute une importance.

Ces villes s’efforcent de rendre la vie plus verte pour leurs citoyens. Dans ce cadre, la création d’un plan d’action contre le réchauffement climatique classe ces dernières parmi les villes les plus « vertes » au monde et fait de l’écologie un véritable objectif. Une étude de l’« African green city index » (indice des villes vertes africaines) sur le continent noir porte sur huit critères : l’énergie et le CO2, l’utilisation des terres, les transports, les déchets, l’eau, les sanitaires, la qualité de l’air et la gouvernance environnementale.

Selon cet indice des villes vertes africaines, dévoilé à Durban le 2 décembre 2012, les villes d’Afrique du Nord et d’Afrique du Sud sont les plus écologiques du continent. Selon les conclusions de l’« African green city index » (indice des villes vertes africaines), certaines villes sont «au-dessus de la moyenne ». C’est le cas d’Accra, Le Cap, Casablanca, Durban, Johannesburg, Tunis. « Dans la moyenne », l’on retrouve Addis-Abeba, Alexandrie, Le Caire, Lagos, Pretoria. « En dessous de la moyenne » : Luanda, Nairobi. « Très en dessous de la moyenne » sont citées Dar es Salaam, Maputo. Mais cet indice ne recense aucune ville d’Afrique subsaharienne francophone D’après les auteurs, Abidjan aurait pu figurer parmi les villes sélectionnées conformément aux deux premiers critères, elle a été écartée du fait de la crise politique.

Bonnes pratiques écologiques

L’empreinte écologique du Cap vient des efforts impressionnants que cette ville a accomplis en vue de réduire son empreinte carbone. La capitale législative de l’Afrique du Sud, qui possède les meilleurs politiques de l’Index en matière d’énergies propres, a commencé très tôt.

En 2003, elle a en effet été la première ville d’Afrique à rédiger une Politique environnementale pan-métropolitaine qui a défini une stratégie complète visant à améliorer divers domaines comme la gestion des déchets, les espaces verts ou encore les énergies. En2006, elle a adopté une Stratégie en matière de changement climatique (mise à jour en 2010) qui inclut plus de 100 projets disséminés dans toute la ville et fixe des objectifs renouvelables.

Les efforts de la ville ont commencé 2012 par les économies d’énergie : réduire sa consommation d’électricité de 10 %.Elle a lancé une campagne de promotion des économies d’électricité à l’attention des particuliers, elle a mis sur pied un Forum de l’efficacité énergétique destiné aux entreprises et a procédé à une considérable modernisation de ses feux de signalisation et de ses propres bâtiments.

Le Cap a également pris des engagements en faveur des énergies renouvelables, qui devront représenter 10 % de son approvisionnement d’ici 2020. Chez les particuliers, elle a lancé un programme visant à installer 300 000 chauffe-eaux solaires au cours des quatre années à venir. La ville a également construit à Darling le premier parc éolien du pays, qui a commencé à alimenter le réseau national en énergie verte en 2008 et sera prochainement nettement moins unique : le gouvernement provincial du Cap-Occidental (dont Le Cap est la capitale) étudie actuellement les candidatures liées à la construction de 40 parcs éoliens supplémentaires.

A Accra le gouvernement national du Ghana, qui supervise la politique environnementale de l’ensemble du pays, demeure attaché à l’hydro-électrique comme principale source d’énergie renouvelable.

Cependant, la Volta River Authority (l’entreprise publique de production d’énergie au Ghana), a également lancé un projet visant à construire des centrales solaires dans trois régions du nord du pays et un parc éolien côtier et ainsi à générer 100 mégawatts d’énergie solaire et éolienne.

Au Nigéria, bien que les efforts de Lagos n’en soient encore qu’à un stade précoce, les dirigeants de la ville de Lagos cherchent à tirer partie des systèmes d’échange de droits d’émission de carbone tels que le mécanisme de développement propre prévu par le protocole de Kyoto, en vertu duquel les pays développés peuvent investir dans les pays en développement en échange de crédits d’émission.

Dans ce cadre, l’Agence de protection de l’environnement de l’État de Lagos a créé le ‘Carbon Credit Centre’, chargé de gérer les consultations, les transactions, les demandes et les échanges de droits d’émission de carbone ainsi que de promouvoir les accords favorisant les énergies propres.

En ce qui concerne l’utilisation des terres, le plan directeur de la ville d’Addis- Abeba prévoit la reforestation des montagnes environnantes, la récupération des parcs municipaux existants et la création de nouveaux. Le plus important des nouveaux espaces verts un parc piéton linéaire qui sinue sur quelque 5 km dans le centre-ville.

La ville marocaine de Casablanca a ces deux dernières années, vu ses dirigeants lancer dans la région métropolitaine des projets pilotes visant à tester la viabilité de « l’agriculture urbaine », qui intègre les espaces verts aux centres urbains et fournit une nouvelle source de nourriture à la ville. Le projet a bénéficié du soutien financier du ministère allemand de l’éducation et de la recherche.

En matière de transport, l’Egypte a Investi des milliards dans le réseau de transports publics du Caire. Le Caire est la seule ville africaine se situant au-dessus de la moyenne des 15 villes de l’Index des villes vertes en Afrique pour la longueur et la sophistication relative de son réseau de métro. Le métro est au milieu d’une extension (d’un coût de 3,7 milliards de dollars US) qui aura ajouté deux lignes est-ouest supplémentaires aux deux lignes existantes, qui traversent la ville selon un axe plus ou moins nord-sud.

La capacité du réseau de métro est passée de 2,5 millions de passagers par jour à 4,5 millions. Les bus seront également améliorés. Enfin, le programme de réduction des émissions de carbone par recyclage et mise à la casse des véhicules vise à pousser près de 50 000chauffeurs de taxi possédant un véhicule de plus de 20 ans à le remplacer par un modèle neuf. Pour l’instant, ce programme est un véritable succès : 20 000 véhicules ont été remplacés rien qu’en 2009. Il s’agit également du premier programme de transport au monde à être enregistré dans le mécanisme de développement propre de la Convention-cadre des Nations.

Florine Lea Nseuni-Bosangi-

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