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Plastiques biodégradables : Le gouvernement camerounais est dépassé

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plastiqueQuoi qu’interdits par un arrêté ministériel, les emballages plastiques non biodégradables ont refait surface dans les boutiques et marchés. On les croyait disparus. On n’en parlait même plus.

 Les emballages plastiques non biodégradables, donc supérieurs ou égaux à 60 microns, font leur comeback. N’en déplaise aux ministres du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana et celui de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable, Hélé Pierre. Eux qui avaient signé  l’arrêté N°004 Minepded/Mincommerce du 24 octobre 2012 portant réglementation de la fabrication, de l’importation et de la commercialisation des emballages non biodégradables.

 Après le 25 avril 2014, date d’entrée en vigueur de la phase répressive, le délégué régional de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable, Sidi Baré déclarait avec enthousiasme : «Une équipe  sillonne les poissonneries, les marchés, les pharmacies, les supermarchés. Dès lundi,  nous allons poster les gens à l’entrée Est et Ouest de la ville pour paralyser les mouvements d’emballages. Nous allons aussi envoyer des gens au niveau des entreprises. Nous avons déjà des appareils pour les tests d’épaisseur. Les emballages interdits seront détruits, au frais du détenteur, c’est-à-dire que le contrevenant aura une amende pour la destruction écologique.» Est-ce que les Camerounais n’ont plus peur du gendarme ?

 «On va nous forcer à utiliser une marchandise qu’on ne voit pas ? Où sont les emballages qu’ils appellent biodégradables ? En mai on en trouvait, même si c’était peu. Mais maintenant, on ne sait plus où les trouver», fulmine Paul, vendeur de denrées alimentaires au marché de la Cité Sic à Douala. Hélène commercialise du charbon audit marché. Elle avoue avoir respecté la mesure. Pendant un bout de temps. «Comme je n’avais pas les plastiques biodégradables, les clients venaient avec leurs propres emballages. Ça m’a fait perdre certains clients. Raison pour laquelle, deux semaines après, j’ai relancé avec mes anciens emballages

  Après des va-et-vient dans ce lieu de commerce, le constat est sans équivoque. Les emballages plastiques non biodégradables sont de retour, les noirs comme les transparents. Réalité similaire dans d’autres coins de la ville, comme chez le vendeur de viande à la braise communément appelée «soya». «Ne me dérangez pas avec vos affaires d’emballages plastiques non biodégradables. Vous voulez que je serve les clients dans mes mains ? Vos plastiques biodégradables sont rares et chers. Je n’avais pas autre choix que d’acheter chez les détaillants les anciens emballages», argue le vendeur. Carine, call-boxeuse à Akwa expose les oranges sur sa table. Pour les servir aux clients, Elle dépose les fruits dans des emballages prohibés.

 S’il s’agit d’une épidémie, les pharmacies, les boulangeries visitées ne sont pas (encore) contaminées. Serait-il faut de dire que la mesure de Hélé Pierre et de son homologue Luc Magloire Mbarga Atangana est mort-née ? «Les populations ont du mal à s’adapter aux alternatives qui ne sont pas aussi très disponibles. Les emballages plastiques biodégradables ne sont pas pour l’instant produits au Cameroun», confesse Sidi Baré. Le gouvernement est bien tenu de reconnaître que par rapport à cette mesure, il a placé la charrue avant les bœufs.

 Valgadine TONGA    http://valtonganoticias.unblog.fr/

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