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l’exploitation sauvage des mines plombe l’avenir du Cameroun

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orLes entreprises opèrent dans ce secteur au mépris des normes environnementales en vigueur.
Le reportage de la Cameroon Radio Television (Crtv) il y a quelques jours suscite toutes sortes de commentaires. « Une entreprise chinoise a pratiquement semé la terreur dans l’Adamaoua dans un village de l’arrondissement de Maîganga. L’homme qui dirige cette structure a rasé la nature sur plusieurs hectares, avec des engins normalement utilisés dans le cadre de l’extraction minière industrielle », peut-on entendre çà et là dans l’opinion.

Mais un cadre du ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt) recadre : « Les titres utilisés non aucun problème encore moins le matériel dont se sert la structure pour extraire l’or. Il s’agit d’une exploitation artisanale peu mécanisée. L’entreprise paie toutes ses quotes-parts à l’administration fiscale conformément à la loi des finances de 2015».

Mais où se situe donc la polémique ? Un cadre du Minmidt apporte quelques éclaircissements à ce sujet : « C’est au niveau du respect des normes environnementales et c’est le délégué régional de l’Environnement pour l’Adamaoua qui a tiré la sonnette d’alarme. Ce qui a imposé une descente sur le terrain avec la hiérarchie administrative de la région (les autorités de la région) pour arrêter ce qu’il y a lieu de faire ».

« Il faut souligner que beaucoup de risques sont à signaler. Au niveau du Lac Tchad, la partie située sur le territoire camerounais fait l’objet d’un permis d’exploration. Si l’entreprise chinoise qui le détient trouve le pétrole comme elle espère, il faudra l’exploiter. Ce qui va provoquer des restrictions pour les populations qui y sont installées depuis des années. Ensuite, il faut s’attendre un jour à des accidents pétroliers comme on voit ailleurs, avec risques de pollution des eaux, du sol et du sous-sol », s’inquiète Samuel Nguiffo, Coordinateur du Centre pour l’environnement et le développement (Ced).

La faune et la flore protégées n’ont aucune chance dans ces conditions. « Le parc de Waza est dans la même situation. Ici, l’activité touristique va baisser parce que les animaux, pas habitués à la présence humaine et au bruit, vont chercher refuge ailleurs », poursuit M. Nguiffo.

Y a-t-il une région épargnée ? Selon lui, pas vraiment. « A l’Ouest, plusieurs permis d’exploration ont été délivrés et les exploitations vont affecter les villes de Bafoussam, Banganté, Bafang et Bangou. Ces localités sont très peuplées, il va se poser le problème de recasement de ces habitants », ajoute l’expert.

Il trouve que l’extraction minière est plus ravageuse comparée à l’exploitation forestière. Les raisons : « Elle exige le rasage total des terres. N’oublions pas la pression sur les ressources de la forêt par les ouvriers qui vont travailler dans la mine et les déchets générés par ceux-ci », dégage l’expert.

Adrienne Engono Moussang

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