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Cameroun:un complexe chimique au cœur d’une pollution riveraine

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fadjil-bayeroSitué dans la zone industrielle de Bassa-Douala, capitale économique du Cameroun, le Complexe Chimique Camerounais(CCC) est opérationnel depuis 1944 dans l’univers de la savonnerie et ses principaux dérivés : l’huile de table, la glycérine et la détergenterie. Implanté sur une superficie de 14 ha,  ce complexe est bâti le long d’une crête ou ligne de partage des eaux qui débouche sur le bassin de Ngoua dans le littoral du Cameroun extrêmement pollué.

L’entreprise a depuis sa création contribué activement à la pollution du milieu extérieur à tel point que les populations ont manifesté leur mécontentement le 3 avril 2011 en vandalisant les installations de l’entreprise et les domiciles privés au voisinage appartenant au complexe.

La pollution entretenue par le Complexe est plurielle et surtout marquée par les nuisances sonores, l épandage des eaux usées et les rejets atmosphériques et pédologiques. Les conséquences de cette pollution sont alarmantes .Le rejet dans le milieu extérieur des eaux usées qui n’ont subi aucun traitement préalable représente de gros risques pour les populations. Les populations riveraines sont  de plus en plus sujettes à des maladies cutanées et respiratoires aiguées.

Le premier risque est celui de l’eutrophisation se traduisant par une forte désoxygénation du milieu causé par la grande présence des microorganismes que sont les phyto et les zoos planctons. Cette situation débouche sur la disparition des êtres vivants aérobies au bénéfice des êtres anaérobies. A ceci, il faut ajouter les risques de mutations réfractaires.

L’effluent dont le cours est observable juste derrière l’usine, offre un spectacle inimaginable avec une flore et une faune en voie de disparition, des plastiques de toutes natures qui encombrent le cours. Quand on ajoute à ceci l’habitat désordonné et la conquête de l’espace marqué par une forte urbanisation, le risque est grand et immédiat : l’accentuation des sinuosités et des contours et à la moindre pluie, l’inondation bat son plein. Surtout, cette occupation anarchique des espaces non planifiés, non ménagés pose les problèmes de promiscuité, de gestion  d’eaux usées déversés par le Complexe.

Face à tout ceci, les populations ont réagi négativement en manifestant publiquement leur mécontentement. Ce mouvement d’humeur explique, ses derniers, par irresponsabilité de l’entreprise qui refuse de prendre en compte cette situation et refuse de contribuer à des remédiations. Route barrée, mur peint d’huile et attroupements, c’est ainsi que ces populations ont pensé pouvoir attirer l’attention des dirigeants de l’entreprise qui promettent de faire des efforts à court terme pour des solutions aux problèmes soulevés par les populations

Revenant à des meilleurs sentiments et soucieux du devenir des populations qui vivent autour de  ce complexe,en proie aussi à une grave épidémie de cholera, le maire de Douala 3eme  a réhabilité un point d’eau et a reprofilé l’axe principal qui dessert le quartier. Reste à souhaiter que des pareilles mesures soient renouvelées et que l’entreprise elle-même s’arrime aux normes en matière de sécurité environnementale.

Takoulo Kouoh

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