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Le Cameroun dans la spirale des boissons énergisantes

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5145128-7678772Entrées depuis peu au Cameroun, les boissons énergisantes sont en train de prendre une trop grande importance dans l’alimentation des populations. Le danger n’est pas loin

La réclame des boissons hygiéniques maltées qui garantit le plein d’énergie au consommateur ne fait plus recette. Les Malta et autres jus à base de malt n’intéressent plus que les très jeunes enfants. Les moins jeunes et les adultes qui croyaient y trouver le coup de fouet nécessaire, ou l’aphrodisiaque approprié pour mener à bien leurs activités vont de plus en plus voir ailleurs. Certains croient trouvent leur bonheur dans le whisky en sachet, qu’ils sirotent à longueur de journée. C’est ainsi que les sachets vides de « Kitoko » et des diverses autres marques qui foisonnent ici, se disputent les trottoirs avec les sachets d’eau. D’autres encore s’adonnent à la consommation  du « chaï », une espèce de thé relevé avec du café soluble vendue à travers les métropoles camerounaises, de jour comme de nuit et en toute saison, par des jeunes, trop souvent originaires de l’Afrique de l’Ouest.

Pour une bonne majorité de la population, le nec plus ultra pour tenir dans la journée, ce sont les boissons énergisantes qui ont fait leur apparition ici, il y a quelques années. La plus populaire sans doute est l’américaine « Reaktor »  mise en bouteille au Cameroun par Source du pays,  depuis environ trois ans.les grossistes de cette boisson avance le chiffre de 500000 bouteilles consommées en trois jours. Son succès a été foudroyant, entraînant l’entrée lice d’autres produits de même nature à l’instar du « XXL » des Brasseries du Groupe Castel qui fait l’objet d’une promotion agressive ces derniers temps pour retenir l’attention. Son nom qui voudrait rappeler les prouesses sexuelles diffusées par la chaîne de télévision éponyme, en est tout un programme : endurance, virilité, puissance, qui  ne laisse place à aucune ambiguïté.

Des jeunes adultes (18-40 ans) l’une des franges les plus nombreuses de la population camerounaise, des femmes et même des adolescents (des étudiants ou des enfants en classe d’examen) se laissent enferrer par le rêve que propose la pub. Certains pour plus efficace, accompagnent déjà la consommation des boissons énergisantes avec celle du « bitter cola » ou «  garcinia kola », reconnu ici comme un bon stimulant voire aphrodisiaque. Des médecins affirment ne pas savoir ce que la jonction de ces deux produits apporte à l’organisme.

Comme la plupart des boissons énergisantes, censées mobiliser l’énergie en stimulant le système nerveux, celles en vente au Cameroun affichent ; même sans dosage ; aussi fièrement dans la liste leurs d’ingrédients ; la taurine, la caféine, le ginseng et l’inosital. Le problème est que la taurine, la caféine ; le ginseng sont classées par nombre d’études dans la catégorie des produits dont la consommation peut s’avérer dangereuse.

L’ennui est que de nombreuses études classent la taurine et la caféine et bien autres dans la catégorie des produits dangereux. En effet, la caféine avérée « pour lutter contre les coups de fatigue, améliorer la mémoire et la concentration » lorsqu’elle est consommée à forte dose, « peut provoquer de la tachycardie (accélération du rythme cardiaque au-delà de 90 pulsations par minute, alors que la fréquence normale chez l’adulte est entre 60 et 75battements par minute), de la nervosité, des insomnies et une augmentation de la tension artérielle ».

Les experts affirment qu’une tasse de café de 100 ml contient, en moyenne, 65 mg de caféine, et une bouteille de 350 ml  de boisson énergisante 227,5 mg. Si en Occident la sonnette d’alarmes est régulièrement tirée au sujet des boissons énergisantes épinglées dans les cas d’anxiété, de tachycardie voire d’infarctus, de forte déshydratation et d’insuffisance rénale, avec quelques décès jugés suspects liés à ces boissons, au Cameroun, c’est encore le temps de l’euphorie. Les uns et les autres en consomme jusqu’à plus soif. Même le prix élevé (500Fcfa ≈ 0,77€) qui tutoie celui d’une bonne bouteille de bière ne décourage pas les consommateurs qui, encouragés par un marketing agressif, aguicheur deviennent chaque jour plus nombreux.

Joel Nlep

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