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« La grossesse n’est pas contre indiquée chez les femmes infectées par le virus C »

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 ajafe-hepatiteCL’hépatite C est une infection virale  fréquente. On estime que 5% de la population mondiale est touchée avec 190 millions de porteurs chroniques du virus. En Afrique, les données sont alarmantes. Le docteur Serges EMALEU,membre duDepartment of Genetics/Immunology Stanford University, School of Medicine  revient sur cette pathologie.

Quels sont les symptômes de l’hépatite virale C

Dr. Serges EMALEU : La plupart des personnes n’ont aucun symptôme au début de l’infection, et ces symptômes peuvent apparaître que dix ou vingt ans plus tard lorsque la maladie aura évoluée. La plupart des gens qui ont développé une hépatite C chronique ne présenteront aucun symptôme tant que leur foie ne sera pas gravement atteint. Lorsqu’elles contractent le virus, certaines personnes peuvent se sentir malades pendant de courtes périodes et, dans de rares cas, elles peuvent développer une jaunisse (coloration jaune de la peau et des yeux). L’hépatite C peut évoluer vers une cirrhose en 10 à 20 ans dans 20% des cas. Au stade de cirrhose, le risque de cancer du foie est de 5% par an.

Comment contracte-on l’hépatite C ?

 L’hépatite C se transmet essentiellement par le sang .Depuis une dizaine d’années, les modes de contamination ont sensiblement changé. La transfusion sanguine constitue un risque de transmission de l’hépatite C. En revanche, la toxicomanie est devenue la source principale de contamination. L’hépatite C est une maladie silencieuse. On estime  qu’environ 70% des porteurs chroniques du virus n’ont pas été  dépistés. Le dépistage est recommandé chez les sujets ayant été exposés au  risque (transfusion ou toxicomanie intra  -veineuse). Le dépistage permet une prise en charge efficace : prévention vis-à-vis de l’entourage, conseils aux patients (arrêt de l’alcool), traitement d’autant plus efficace qu’il est précoce.

Comment la transmission de l’hépatite C  peut-elle être prévenue ?

 Les deux sources principales de contamination sont la  toxicomanie intraveineuse et l’administration de produits sanguins. Cette dernière source a presque complètement disparu depuis 1991 dans les pays qui ont une bonne maîtrise des risques  transfusionnels. Ce qui n’est certainement pas le  cas chez nous au Cameroun ou tout au moins dans certaines régions où il n’existe  pas de banque de sang et où le besoin transfusionnel est présent. La  transmission sexuelle est très rare. La prévalence de l’infection par  le VHC  est plus élevée chez les personnes ayant des partenaires multiples. L’usage des préservatifs est évidemment à encourager chez les personnes ayant des partenaires multiples.

L’hépatite C est-elle un risque pour la grossesse ?

La grossesse n’est pas contre indiquée chez les femmes infectées par le virus C. Le dépistage systématique du VHC n’est pas recommandé chez les femmes enceintes. Le mode de délivrance (césarienne/naturelle) ne  semble pas avoir d’effet sur la transmission du VHC de la mère à l’enfant. La transmission verticale du VHC est rare. La prévalence de la  transmission de la mère à l’enfant est inférieure à 6%. Le risque de transmission apparaît plus grand chez les femmes ayant un haut niveau  de virémie ou une co-infection par le VIH.Il n’y a pas de risque de transmission du VHC de la mère à l’enfant par l’allaitement. On  ne dispose pas de données suffisantes concernant le risque de  transmission du VHC en cas de fécondation in vitro lorsqu’un des deux  parents est infecté par le VHC. Les contaminations nosocomiales sont efficacement  prévenues  par l’application des précautions  habituelles.

Quels malades doivent être traités ?

La  décision de traiter est un problème complexe dans lequel on doit tenir  compte de l’âge du malade, de son état de santé, du risque de cirrhose,  des chances de succès, et d’éventuelles maladies susceptibles de  diminuer la durée de vie ou contre indiquant l’emploi de l’interféron ou de la ribavirine. La  décision de traiter dépend-elle des lésions histologiques ?  Il est  indispensable d’effectuer une biopsie percutanée avant la mise en œuvre  du traitement. La biopsie permet d’évaluer la sévérité des lésions  nécro- inflammatoires et le degré de la fibrose : ces lésions doivent  être appréciées en fonction de la durée supposée de la maladie, de  l’état clinique, et des anomalies biochimiques. La biopsie fournit la  base d’une comparaison pour évaluer la progression des lésions. On  estime que les patients ayant des lésions nécro -inflammatoires modérées  ou sévères et/ou une fibrose doivent être traités.

 Propos recueillis par  Isabelle ESSONO

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