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LA FILIERE MEUNIERE CAMEROUNAISE AU BORD DE LA RUPTURE

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La crise mondiale du blé continue de secouer l’industrie meunière camerounaise, mettant en péril l’approvisionnement en farine du pays. Malgré les efforts du gouvernement pour atténuer les tensions, les acteurs du secteur avertissent qu’une nouvelle hausse des prix pourrait survenir prochainement sans soutien accru.

La guerre en Ukraine, grenier à blé de l’Europe, a provoqué une raréfaction de l’offre sur le marché international et fait flamber les cours. Au Cameroun, où le blé importé représente 90% de la consommation nationale, les meuniers subissent de plein fouet cette volatilité. « Nos marges sont réduites à peau de chagrin, la survie de nos entreprises est en jeu« , alerte Alfred Momo Ebongué, secrétaire général du Groupement des industries meunières du Cameroun.

Déjà fragilisée par la pandémie, la filière a dû absorber deux hausses consécutives du prix de la farine en 2021 et 2022. Mais les mesures d’allègement fiscal et la promesse d’une subvention gouvernementale de 5 milliards de FCFA semblent avoir atteint leurs limites, selon M. Momo Ebongué. « Nous ne percevons aucun effet concret de ces annonces sur nos coûts de production, qui continuent d’exploser« .

Pire, le versement effectif de l’aide traîne, bloqué au ministère des Finances. « Nos demandes de rencontre avec le ministre Louis Paul Motaze sont restées sans réponse. Le temps presse mais l’administration fait la sourde oreille« , déplore le responsable. Faute de visibilité, les industriels agitent à nouveau le spectre d’une hausse de 4000 FCFA par sac de farine, qui ferait flamber les prix de 28%.

La crise mondiale du blé continue de secouer l'industrie meunière camerounaise, mettant en péril l'approvisionnement en farine du pays. Malgré les efforts du gouvernement pour atténuer les tensions, les acteurs du secteur avertissent qu'une nouvelle hausse des prix pourrait survenir prochainement sans soutien accru.
transformation du blé

Une telle augmentation aurait des conséquences sociales lourdes au Cameroun, où le pain est un aliment de base. Elle risquerait aussi d’alimenter l’ inflation, déjà à deux chiffres. Interrogé, le ministère du Commerce assure travailler « sans relâche » pour débloquer l’aide promise dans les meilleurs délais. Mais sur le terrain, l’impatience gagne. « Si rien ne change d’ici fin septembre, nous serons contraints de répercuter l’envolée des coûts« , prévient M. Momo Ebongué. Le spectre de la pénurie plane sur le pays

Cedric Pokam

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