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Interdiction du plastique au Cameroun : le ministre de tutelle parle

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ajafe Pierre-HeleA quelques mois de l’interdiction du plastique non-biodégradable au Cameroun, le ministère en charge de l’environnement multiple à sa manière des actions pour que cette interdiction soit effective. Son ministre de tutelle s’est prêté aux questions de Sorèle Guebadiang à Bessong. Lisons.

Monsieur le Ministre, à quelques mois de l’entrée en vigueur de la réglementation sur la fabrication, l’importation et la commercialisation des emballages plastiques et des déchets non-biodégradables ; où en est-on avec sa mise en œuvre ?

Dans la mise en œuvre de ce texte, plusieurs actions ont été menées par mon département ministériel dans l’optique d’appliquer lesdits textes signés en 2012 relatifs à la gestion des déchets en général et les emballages non-biodégradables en particulier. Ces actions sont de trois ordres à savoir : la délivrance des permis environnementaux aux acteurs du secteur ; l’appui aux actions qui mettent en exergue le principe de la responsabilité élargie du producteur ; et les actions de sensibilisation.

Pour ce qui est de la délivrance des permis environnementaux aux acteurs du secteur, il me plaît de vous informer que sept permis environnementaux ont déjà été délivrés ; deux structures de gestion de déchets toxiques et/ou dangereux, déchets médicaux, pharmaceutiques et déchets hospitaliers liquides ; trois structures de gestion d’emballages plastiques ; une structure de gestion des déchets plastiques ; une structure de gestion des déchets d’équipements électriques et électroniques.

S’agissant de l’appui aux actions qui mettent en exergue le principe de la responsabilité élargie du producteur, j’ai personnellement présidé le 28 novembre 2012 et le 05 juin 2013, la cérémonie de lancement du projet « plastic récup » à Douala et à Yaoundé respectivement, fruit d’un partenariat entre Les Brasseries du Cameroun et la société Hysacam qui vise la collecte et le recyclage des bouteilles plastiques produites par les Brasseries du Cameroun.

Le Cameroun ne dispose pas d’usine de production de pâte à papier. Quelles sont les solutions de substitution à ces emballages proposées par votre département ministériel ?

Si vous faites allusion à l’absence d’usine de production de pâte à papier, c’est certainement parce que vous savez que le papier est l’un des produits de substitution aux emballages plastiques. Cependant, sachez qu’il existe des papèteries au Cameroun et qu’elles sont actuellement en quantité suffisante pour alimenter notre marché en emballages. Par ailleurs ; il existe d’autres produits de substitution tels que les emballages plastiques biodégradables. Il faudrait aussi signaler que l’interdiction des sachets plastiques ne vaudrait en aucun cas dire que ceux qui en fabriquaient vont démanteler leurs installations. En effet, la fabrication des emballages plastiques est possible avec les mêmes installations jadis utilisées pour fabriquer le plastique non bio par un simple ajout des additifs qui les rendent biodégradables. Ce type de plastique dit oxo biodégradable en général se dégrade facilement après 4 à 8 semaines dans la nature. En effet, il est constitué de 40% à 100% de matières d’origine végétale. Il existe bien entendu d’autres emballages moins onéreux, tels que les feuilles larges, les paniers en raphia ou en matériaux biodégradables, les sacs en tissus qui sont fabriqués localement et qui ont de nos jours perdu leurs valeurs suite à l’abondance des plastiques en circulation.

Quelles sont les actions envisagées par votre département ministériel pour mieux sensibiliser les camerounais à ce sujet ?

Les actions envisagées pour mieux sensibiliser les camerounais sont de plusieurs ordres à savoir :-la sensibilisation à travers les média,- la campagne de sensibilisation dans les dix régions du Cameroun,- les sensibilisations de proximité lors des fora et conférences organisés par notre ministère, autres administrations sectorielles et organisations du secteur. Pour ce qui est du premier volet, c’est-à-dire la sensibilisation à travers les média, un plan média a été conçu pour spécifiquement diffuser toutes les informations sur ce sujet à la majorité des camerounais. Ce plan media comporte : des conférences de presse, les spots publicitaires dans les chaînes de télévision et de radios à des heures de pointe,- l’organisation des émissions radio et télé pour atteindre le grand public, les communiqués de presse. S’agissant de la sensibilisation dans les dix régions du Cameroun, nos services déconcentrés sur le terrain relayent l’information à travers les radios locales et communautaires.

Propos recueillis par

Sorèle GUEBEDIANG à BESSONG

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