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Inquiétude sur les produits de pêche camerounais

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pêcheComme s’il s’agissait d’un cycle infernal, vicieux, l’économie camerounaise à travers ses produits de rente et de grande consommation,et de pêche  semble s’être engouffrée dans un engrenage grinchant, d’aucuns diront dans un abime duquel il sera difficile de s’en sortir.

Il y quelques mois, le cacao camerounais, parce que dégageant une forte odeur de fumée, a été refoulé de certains ports européens. Tout récemment encore, Essimi Menye, ministre camerounais de l’agriculture et du développement rural, montait au créneau pour signaler le refoulement d’une cargaison d’ananas du port autonome de Marseille. La raison évoquée étant  que ces fruits exotiques présentaient une concentration au dessus de la norme des produits phytosanitaires. Des accusations pour négligence ont été faites par-ci par là de manière à dégager les responsabilités aussi bien des exportateurs, des transporteurs, de la Société générale de surveillance (Sgs).

Ces derniers temps, c’est du poisson capturé ou commercialisé au Cameroun qu’il est question. S’il ne s’agit pas de la confiscation du marché du poisson et même des espèces halieutiques par des étrangers qui inondent les espaces marchands du terroir, c’est du détournement des stocks vers les pays voisins qu’il est fait mention.

De sources dignes de foi, le poisson d’origine camerounaise ne représente même pas 30% de la quantité vendu ou commercialisée au pays de Paul Biya. Les 70% restant, selon les informations issues de la Chambre d’Agriculture, des Pêches, de l’Elevage et des Forêts du Cameroun pour le littoral (CAPEF/LT) provenant soit de la Chine, de la Mauritanie, du Sénégal, d’Argentine et même de la très lointaine Irlande.

D’où vient-il qu’alors que le Cameroun dispose de 4 milliards d’hectares d’eau, la Chine et la Mauritanie contribuent respectivement pour 72 967 tonnes et 17 458 tonnes des 195 000 tonnes de poissons consommés au Cameroun ? D’où vient-il que sur une vingtaine de navires accostant au port de pêche de Douala, plus de dix (10) battent pavillon chinois ? La réponse à ce questionnement proviendrait du fait que la production locale est très en deçà de la production nationale avoisinant 200 000 tonnes pour ne prendre que le cas de l’année 2011.

Bien plus encore, comme avec les cargaisons de cacao ou les ananas refoulées de certains ports européens, le mode de production halieutique camerounaise présente certaines anomalies. De la petite enquête menée du côté de Youpwé à Douala,  il nous été révélé que la capture du poison se fait à travers les moyens très peu orthodoxes ; dans certains cas, cette capture se fait à la dynamite ou alors à base de produits chimiques. Ce qui forcément n’est pas bon pour la santé. Et quand bien même il arrive que cela se fasse dans les règles de l’art, la production halieutique nationale est à près de 90% détournée vers le marché Nigérian : sur 27 bateaux ayant autorisation de s’activer dans les eaux territoriales camerounaises, la moitié est détournée vers le Nigeria voisin. Ce qui fera dire à Gilbert Konango, délégué régional du CAPEF/LT : « les eaux camerounaises sont poreuses comme les routes frontalières. Il y a une soixantaine de bateaux de pêche, mais moins de 10 accostent sur les côtes camerounaises. Par ailleurs, 80%  de l’effectif des pêcheurs actifs dans les eaux camerounaises sont d’origine étrangère ».

Ce cas, il devient difficile que le marché local bénéficie dans son entièreté de la production halieutique, surtout que le foisonnement des peuples favorise des complicités selon le délégué régional du CAPEF/LT.

L’heure est grave. Les voyants s’ils ne sont pas encore passé au rouge, sont tout au mois à l’orange en raison du non respect ou de l’inexistence ( ?!) d’un code régissant le secteur. L’inquiétude serait aussi à son plus haut niveau, ce d’autant plus ceux qui contrôlent finalement  la filière, ne font aucun cas de la bourse de la ménagère. Le poisson étant considéré ici comme la deuxième denrée la plus consommée au Cameroun après le riz.

 Arielle Magoum

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