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Cameroun : voici comment le changement climatique menace le taro

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 sauce jaune Certaines espèces moins résistantes disparaissent progressivement

« Dieu a maudit la plante de taro. Elle ne produit plus. Le taro pousse avec des taches. Avant on n’avait pas ce genre de problème dans la région de l’Ouest. Je ne comprends rien du tout à ce phénomène». Propos d’une cultivatrice rapportée par, Astride Carole Djeuani, assistante au département de biologie et physiologie végétales de l’Université de Yaoundé I.

Cette remarque faite par la cultivatrice sur le taro s’entend aussi pour ce qui est des autres cultures telles que le maïs, le mil, l’arachide dont les rendements baissent chaque année causant ainsi une insécurité alimentaire dans certaines zones du pays. A en croire certains chercheurs, les taches présentes sur le taro se justifient par les changements climatiques. « La présence des maladies émergentes comme la pourriture des feuilles causée par un champignon est liée aux variations du climat. Et comme les producteurs ne sont pas suffisamment sensibilisés, ils vont croire aux forces occultes», explique Denis Omokolo Ndoumou, chercheur et enseignant de biologie végétale à l’Ecole normale supérieure (Ens) de Yaoundé.

Il est cependant bon de savoir que. « Le manioc qui se reproduit par bouturage ne sera pas impacté de la même manière que le cacao ou l’oranger », illustre Denis Omokolo. Les variations du cycle de la plante sont l’une des premières conséquences des changements climatiques sur l’agriculture. Pour la plupart des plantes à fleurs, c’est la floraison qui détermine la production. «Normalement une plante à fleurs est censée produire des fruits à maturité et recommencer le cycle. Mais lorsque ce processus n’est pas respecté par rapport à la pluviométrie ou à l’intensité de l’ensoleillement, certaines plantes comme le cacaoyer vont réagir défavorablement aux variations », déroule l’enseignant.

Saisons

Simon Ngoh se rend régulièrement dans sa cacaoyère. Selon lui, le changement climatique est effectif au Cameroun. « Les saisons ne sont plus équilibrées. Quand les pluies sont abondantes, les cabosses pourrissent. Lorsqu’il fait trop chaud, les chérelles (jeunes fruits du cacaoyer) tombent, les fèves sèchent et la plante se déshydrate », se plaint-il. « Cette année, il a fait trop chaud et nous avons enregistré de grandes pertes», regrette-t-il.

A en croire le Pr Omokolo Ndoumou, les variations de températures peuvent aussi affecter les sols. Lorsque les pluies sont abondantes, l’eau lessive les sols et entraine les éléments minéraux. Les sols se gorgent d’eau et deviennent moins aérés. Cet état des sols va affecter les racines qui ont besoin d’une certaine aération pour pouvoir nourrir la plante. Dans l’agriculture, la faune souterraine (ver de terre, etc.) est très importante pour l’aération des sols. « Si le climat est défavorable à la faune intrasol, les conséquences vont se répercuter sur la qualité physique du sol d’une part. Et sur la qualité de la nutrition de la plante d’autre part. Le climat étant devenu défavorable pour certaines espèces, elles vont soient migrer, soient disparaître. Parmi celles qui s’installent, il n’y a pas toujours interaction avec les plantes», souligne-t-il.

Pour pallier à ces changements climatiques, selon Boniface Botna de la cellule pour le Développement intégré et l’Environnement à Garoua, des mesures de restauration des sols avec des techniques d’agriculture de conservation, telles que le semis sous couvert végétal, le tillage ou encore le paillage avaient été adoptées. Selon les scientifiques, ces pratiques culturales permettent de limiter la détérioration des sols cultivés dans le Nord Cameroun et de compenser les effets de l’évolution du climat sur les cultures. Lire la suite sur http://mutations-online.info/

Paulette Ndong

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