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Cameroun : tensions sociales à cause des eaux usées à Yaoundé

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La mauvayaoundéise gestion des déchets liquides, objet de nombreuses plaintes dans les mairies, expose les populations aux désagréments sanitaires.

Nicole M. vit au quartier Etoudi à Yaoundé, sa voisine et elle sont à couteaux tirés depuis l’arrivée de cette dernière dans son voisinage. Nous sommes tout près de la mosquée d’Etoudi. La pomme de discorde : les eaux usées, déversée par la voisine, qui ruissellent dans la rigole, tout prés de la véranda de Nicole. « Quand elle verse l’eau de vaisselle avec les résidus ça passe devant ma maison, les résidus restent, une mauvaise odeur suit », se plaint la mère de la famille. Le problème de s’arrête lus seulement au niveau des femmes. Les enfants des familles respectives qui se côtoyaient ne le font plus et, l’ambiance en ces lieux est des plus austères au point dame Nicole est à la recherche d’une autre maison.

A plusieurs kilomètres de  là, au quartier Nsam, Joseph B a eu un problème similaire avec sa voisine dont la maison est située juste derrière la sienne. Il avait creusé une rigole dont les eaux ruisselaient  directement dans la cour de sa voisine. Elle avait, sans crier gare, boucher l’ouverture de la rigole qui conduisait à son domicile, ce qui a crée des désagréments à joseph B. qui a dû changer la trajectoire de sa rigole. Désormais elle se déverse sur la route.

Des histoires pareilles sont légions, dans la commune d’arrondissements de Yaoundé VI, le chef de l’unité d’hygiène et de salubrité, André désiré Atemengue, révèle que 90% des requêtes réceptionnées au quotidien sont motivées par la gestion des eaux usées. « Quand nous recevons une requête, nous convoquons les différents parties après avoir fait une descente sur le terrain. Généralement, on trouve toujours un compromis entre les parties nous demandons aussi les amendes », ajoute le chef d’unité.

Il en est de même pour la commune d’arrondissement de Yaoundé III. «  la dame qui était là juste avant vous est venue se plaindre que les eaux de son voisin passent devant chez elle et pourtant elle est en aval. Dans ce cas, nous recommandons au voisin d’aménager un drain qui va passer devant  la maison de la voisine », explique le chef de service hygiène de cette commune.

La pédagogie est de mise en pareille circonstance étant donné que les moyens pour des actions plus grandes ne suivent pas toujours. C’est le cas a lieu dit «  carrefour caca », au quartier Biyem Assi, où les déchets liquides dictent leur loi, « un projet de réhabilitation d’une station d’épuration à ce niveau est en cours », renseigne une source proche de la commune d’arrondissement de Yaoundé IV.

Ces problèmes qui se gèrent au cas par cas ont pourtant une origine principale, les constructions anarchiques des maisons. «  Pour délivrer un permis de bâtir, un certificat de salubrité devrait attester que dans  le projet du requérant, il prend en compte les réseaux de traitement des eaux usées, parce qu’au Cameroun, notre politique est l’assainissement autonome c’est-à-dire qu’une maison dispose d’un système d’assainissement qui lui est propre », explique un responsable de la Communauté Urbaine de Yaoundé.

Les habitants se retrouvent donc quand il pleut et souvent même en saison sèche avec des eaux des fosses septiques, des latrines, de la vaisselle dans leurs domiciles. Les conséquences sur le plan sanitaire ne sont donc pas bien lion. « ceux qui sont en contact avec les eaux usées sont exposés aux infections de l’appareil digestif, la manifestation peut être rapide et dramatique ; il ya les maladies du péril fécal, des intoxications alimentaires », explique Patrick Ngou, médecin à l’Hôpital gynéco-obstétrique de Yaoundé.

Aicha Nsangou –Mutations-

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