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Cameroun : quand la léproserie de la Dibamba se meurt

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Au fil des ans, le nombre de pensionnaires a lèpreconsidérablement diminué. D’aucuns se demandent ce que deviendra cet hôpital lorsqu’il n’en restera plus de malades.

Dibamba samedi 18 janvier 2014. Le temps est clément. La léproserie s’étale sur plusieurs mètres carrés. Palmiers à huile, manguiers, cocotiers et autres arbres fruitiers développent par leur feuillage, une ombre sous laquelle il fait bon de vivre. Surtout en ce moment de grande canicule pouvant peler la calvitie. Le calme est révélateur de la misère ambiante des pensionnaires de centre d’accueil pour les lépreux.

Issus dans l’ensemble des familles pauvres, ils sont arrivés dans les coins et recoins du Littoral… et d’ailleurs. Des hommes, femmes et enfants qui ont, tous ou presque, perdu la raison de vivre. Logés dans une espèce de mouroir qui ne dit pas son nom, ils scrutent le ciel désespérément. On aurait dit qu’ils maudissent le ciel. Que non ! Du réconfort, certains disent l’avoir trouvé ici. «  Je suis arrivé au centre couvert de blessures. Les sœurs m’ont soigné. J’y suis resté. Toute ma vie s’est déroulée ici. Nous sommes abandonnés par nos familles qui ne nous rendent pas visite ».

«  De plus en plus, les logements se vident. Ici il y avait un homme et une femme. L’homme est décédé en premier. La maison est vide. Nous nous demandons ce que va devenir la léproserie lorsque tous ses malades seront partis ou morts… » S’inquiète notre guide et de poursuivre : «  avant il ya avait une sœur qui procédait aux petites opérations comme la hernie à des prix imbattables de 10000 et 15000 cfa. Les patients affluaient de partout. Les promoteurs des cliniques et de certains centres de santé se sentant menacé ont dit qu’il s’agissait d’une concurrence déloyale. Ils ont menacés la sœur et lui ont intimé l’ordre de fermer boutique. Ce qu’elle a fait. Aujourd’hui, nous avons des pensionnaires qui ont besoin de ses services » se plaint-il.

Autres difficultés, des organisations non gouvernementales ne s’engagent plus en faveur des lépreux, des anciens lépreux ainsi que de leurs familles. « Depuis l’année dernière, on compte les donateurs sur une main. Ils sont de moins en moins nombreux les sociétés citoyennes qui pensent à voler au secours des personnes atteintes de la lèpre », déplore-t-il.

Depuis toujours des personnes atteintes de la lèpre vivent en marge de la société. « Ces personnes sont pour la plupart obligées de quitter leurs villages pour se refaire une nouvelle vie ici… ». Actuellement, tenu par sœur Marie-Ange, cet établissement reçoit des malades seuls ou avec leur famille. « Les soins durent de 1 à 2 ans selon l’état du malade et les sœurs font un travail de préparation à la réinsertion après la guérison ». Le centre ne dispose malheureusement pas un hôpital permettant des interventions chirurgicales ainsi que les soins post-opératoires.

La léproserie de Dibamba proprement dite, créée il ya plus de 50 ans, compte moins de malades que par le passé, tous des hommes qui vivent dans de petites cases. A 100 m de là, des anciens malades guéris, mais qui nécessitent encore un suivi médical, ou totalement invalides, forment un second cercle. Enfin, à 200 mètres du centre médical, qui soigne également les ulcères plantaires et la tuberculose, se trouve le village de Dibamba, crée à partir de la léproserie et peuplé aujourd’hui de moins de 30 âmes : les anciens malades et leurs enfants. Même guéris, ceux-ci ont préféré rester à proximité de l’établissement plutôt que de subir le rejet du reste de la société. Abandonnés par leurs familles, les malades reçoivent rarement de la visite

B-P.D

  1. Laurence dit

    C’est une bonne nouvelle si les lépreux diminuent, à moins qu’ils ne séjournent au centre par manque de moyens? Ou alors les pensionnaires ne paient rien? En tout cas, je pense que c’est une avancée dans le domaine de la santé publique.

  2. marie yvonne dit

    Puis je avoir le contact de la soeur responsable, svp ?

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