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Cameroun : produire l’oignon en zone forestière est de plus en plus rentable

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oignons camerounEbete Mbeng Anatole, ingénieur agronome, expert-conseil dans la culture de l’oignon est catégorique.  On peut désormais produire plus de 30 tonnes d’oignons par hectare en zone forestière. Il vient de mettre en place un process qui permet d’aboutir à un tel exploit. Lire son interview.

Qu’est ce qui a motivé à faire des recherches sur la culture de l’oignon en zone forestière ?

C’est la révolte intérieure de savoir que le Cameroun a ajouté l’oignon à la liste des produits agricoles importés. A l’examen du problème, j’ai compris avec amertume que les bassins de production éprouvent des difficultés techniques à approvisionner le marché local en toutes saisons.

Quelles ont été les différentes étapes de cette recherche ?

La première phase de recherche a consisté, à réunir durant des mois une importante documentation scientifique sur l’oignon. J ai été dans les parcelles de production de l’oignon pour recueillir l’expérience des producteurs locaux dans l’Extrême-Nord et le Nord. J ai collecté des informations sur le sol, le climat, l’altitude, les techniques culturales propres à l oignon. J ai été dans les zones rurales du département du Mbam et Inoubou, pour comprendre les multiples échecs de mes collègues qui se sont frottés longtemps et courageusement avant moi à la « culture sorcière ». C’est ainsi que les populations du Centre et du Sud du Cameroun surnomment l’oignon parce qu’il n’a jamais réussi dans leur écologie de forêt. Mon étude m’a permis ainsi d’identifier et de solutionner ces contraintes techniques à son introduction dans la zone de forêt équatoriale. J ai finalement élaboré un protocole à expérimenter en champ.

Dans la phase expérimentale en champ, les variétés d’oignon adaptées à la saison des pluies ont été retenues en fin d’année 2013 par société SIMAGRI à la fuite des tests d’adaptabilité dans la Sanaga Maritime (pluviométrie annuelle au dessus de 3000mm). Durant la première campagne agricole 2015 (mars à juin), avec la variété Julio, j ai réalisé les premiers tests dans les villages d’Ebeba(400m2), Ekoumdoum (150m2) et Mefomo (100m2), dans la région du centre. Les femmes du GIC FAEBE et le Centre de Promotion de la Femme et de la Famille de Mefomo y ont collaboré. L’esprit plein de doute mais aussi de curiosité. Certains ont cru que j ai perdu la tête. A la fin, le rêve s’est réalisé avec la récolte de gros bulbes d’oignon. L’itinéraire technique a subi quelques réajustements. Durant la période sèche inter-campagne, (juin à Août 2015), l’oignon a été testé dans le village de Nkolndo, chez le GIc Douma NTI en zone forestière dans le département de la Mefou et Afamba, sur 1500m2. Tous ses tests concluants m’ont amené à transposer l’itinéraire technique à plus grande échelle sur 3000m2, dans le village d’Ekabita Tom en zone forestière, sur un sol  pauvre et surexploité. Je confirme qu’on peut produire plus de 30 tonnes d’oignons par hectare en zone forestière.

Quelles sont les différentes étapes de cette culture dans la zone forestière ?

La première étape consiste à réaliser une pépinière à partir des graines. Les plants seront prélevés puis repiqués dans le champ (c’est la méthode de semis par plants repiqués). Désinfecter le sol de pépinière à l’aide d’une bouillie de fongicide ou par solarisation ‘recouvrir le sol d’un plastique). Préparer le champ comme pour y cultiver les arachides ‘défrichement, abattage des arbres, arasage des souches, brûlage des andains). Récupérer le maximum de cendres de bois possible. Elles permettent de réduire la dépense d’achat de la chaux. Confectionner des planches assez hautes. Au début des pluies, appliquer la chaux dans certaines planches et la cendre de bois dans d’autres. Une semaine après, épandre le fumier bien décomposé si l’on en dispose, puis l’engrais NPK. Enfouir  l’ensemble dans le sol. Habiller les plants de moitie. Repiquer les plants à un écartement de 15 au 12cmx10cm. Un mois après semis, épandre du sulfate de potassium mélangé à l’Urée. Deux mois après repiquage, répéter l’opération. La récolte a lieu 120 jours après repiquage ou lorsque 50% des plants sont couchés.

Propos recueillis par Irénée Modeste Bidima

Contact Ebete Mbeng anatole

s/c bp ;2082 Yaoundé-Messa Cameroun

tel: (237) 674898564/661329890

email; aebete2013@yahoo.com

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