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Cameroun : Pour mauvais intrants agricoles, labours sans lendemains

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ph-chd-101-fraLes composantes de départ ont un impact réel sur les récoltes de toute culture.

Comment perdre la moitié de sa récolte potentielle quand on cultive du maïs ou du cacao ? La question peut paraître provocatrice mais pour nombre de producteurs de ces deux denrées représentatives des filières de culture de rente destinées davantage à l’industrie et à l’exportation pour la seconde et à l’alimentation locale des personnes comme des élevages et agro-industries pour la pemière ; la situation est bien souvent celle-là. A chacune des différentes étapes culturales ou transformatrices, le cacao peut, par exemple, perdre de sa valeur, en raison de nombreuses mauvaises pratiques liées aux produits rajoutés au sol pour améliorer la production ou à la plante elle-même.

En général, le plant d’origine est fondamental pour la quantité et la qualité de toute récolte, assure d’ailleurs Samuel Fone, chargé de formation d’agriculteurs au ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader). Pour une cacaoyère de taille moyenne (deux hectares) dans le Sud-Ouest, par exemple, 1200 kg peuvent être perdus du simple fait de la mauvaise qualité des semences. « Au lieu d’une tonne à l’hectare, l’on verra des planteurs récolter simplement 250 à 400 kg parce qu’ils ont eu recours à des plants tirés de leur propre champ ou à des semences sauvages », regrette Moses Atesang Eseme, manager de Ikiliwindi Farmers Cooperative Society à Kumba.

Dans le cas du maïs, apprend-on en plus au Programme de réforme du sous-secteur engrais, les surfaces cultivées sont en pleine expansion depuis le milieu des années 2000. Paradoxalement, les rendements sont de plus en plus faibles à cause de plusieurs facteurs dont notamment la baisse de fertilité des sols. C’est qu’il faut maîtriser le processus de fertilisation du maïs, d’où la réforme entreprise. La fertilisation par les engrais permet, en général, de doubler pratiquement la production, indique un rapport (2014, Minader) de sensibilisation sur les enjeux de cet intrant. Dans le cas de l’ananas, l’on peut même tripler la production. A l’inverse, la carence de fertilisants est cause de faible productivité et surtout d’insécurité alimentaire.

D’autres composantes ajoutées à la culture proviennent des traitements phytosanitaires. La lutte contre les maladies et les attaques environnementales (animaux nuisibles notamment) pèse également dans la somme finale d’une récolte. Les maraîchers camerounais doivent faire face à ces problèmes en ce qui concerne des cultures fort répandues comme le piment et la tomate.

Jean Baptiste KETCHATENG –cameroontribune.cm

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