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Cameroun : les produits agricoles s’excluent du marché américain

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sam_0492L’insuffisance des structures de conservation, la faible diversification des produits, la vétusté du matériel de production, la difficulté d’accès au crédit, sont quelques défis à relever par les acteurs de secteur pour les opportunités offertes par l’Agoa (African Growth and Opportunity Act). Un accord de libre échange entre les pays africains éligibles et les Etats-Unis.

Les immenses terres arables fertiles, la population laborieuse et un tissu industriel diversifié, quoi qu’embryonnaire, n’ont pas réussi à faire du Cameroun une puissance agricole même de taille régionale. Le pays dépense en moyenne 500 milliards de Fcfa chaque année dans l’importation des produits alimentaires pour se nourrir. Résultat, le Cameroun qui est éligible à l’Agoa  (African Growth and Opportunity Act) depuis le début, n’a pas véritablement profité de cette opportunité, de l’aveu même du ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana.

« Les exportations du Cameroun vers les Etats-Unis sont restés concentrés sur les produits classiques qui intéressent les Américains, en l’occurrence les hydrocarbures, de manière accessoire le textile. Très peu de produits agroalimentaires. Or ce n’était  pas l’objectif de l’Agoa, destiné précisément à diversifier les exportations des pays africains », explique-t-il dans une interview accordée au quotidien gouvernemental Cameroon tribune, le 12 août 2014.

 Pourtant, le Cameroun a tous, ou presque, pour s’imposer dans le domaine agricole. Le franc succès rencontré auprès du public camerounais et même au-delà par des liqueurs ou des jus naturels à base de produits tropicaux locaux ; de la semoule à base de banane ,igname, plantain et patate, des huiles des palmistes ou du papier à base des nervures de bananier montre que le challenge n’est pas insurmontable. D’ailleurs, l’agroalimentaire est un secteur créateur d’emplois et de richesses.

Selon l’institut national de la statistique, les industries agroalimentaires représentent 50% du secteur secondaire, 33% de la production industrielle, 27,2 % de la valeur ajoutée, 11% du PIB et 6% des exportations. Elles emploient 10% de la population, indique-t-on au Fonds National de l’Emploi.

Le problème, c’est que la production, qui est majoritairement assurée par les petites et moyennes entreprises (PME), reste encore limitée par diverses difficultés. Le consultant en développement, Thadée Yossa, énumère entre autre «  la vétusté du matériel de production, l’insuffisance qualitative et quantitative des structures de conservation, la difficulté d’accès au crédit, la faible synergie entre les opérateurs du secteur, les difficultés d’approvisionnement en matières premières »

Selon le bureau Afrique centrale de l’Onudi, les études menées sur la compétitivité de l’économie camerounaise, citent comme contraintes majeures à l’Essor du secteur agricole les pertes après récoltes qui avoisinent les 30 % de la production, à cause du manque d’équipements de conditionnement, de stockage, de séchage ou de transformation sur l’ensemble des chaînes «  produits agricoles bruts » et « produits agricoles intermédiaires », ainsi que sur la chaîne des produits conditionnés ou transformés prêts à la consommation encore appelée « produits agroalimentaires ».

Les analystes pensent ainsi que pour s’attaquer au marché américain, il est impératif que les contraintes financières dont font face les acteurs de ce secteur soient levées,  l’environnement fiscal amélioré, les tracasseries administratives éliminées et les capacités des opérateurs renforcées. Par exemple, « en regroupant par filières. Elles doivent aussi mettre en place, des centres techniques et des clusters. Ces entreprises doivent respecter les normes et mettre l’accent sur le management participatif »suggère Thadée Yossa.

Il faut rappeler que le niveau des exportations du Cameroun vers les Etats-Unis s’élevait à 367 millions de dollars soit près de 183,5 milliards de FCFA en 2013.

Philippe Nsoa- le financier d’Afrique-

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