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Cameroun : les eaux usées dictent leur loi au quartier Madanda à Douala

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 mabandaMoustiques, boue, odeurs nauséabondes et inondations rythment le quotidien des habitants de ce quartier.

La carte postale du quartier Mabanda, situé dans l’arrondissement de Douala 4eme est sombre. Dans ce quartier suitée après le cimetière de Bonabéri, les routes non bitumées sont parsemées de cratères remplis d’une eau noirâtre dans lesquels les populations évoluent. Ces routes sont également recouvertes de boue noire ou marron par endroit dans lesquelles les habitants trempent les pieds au moment de quitter leurs habitations pour vaquer à leurs occupations.

Les caniveaux sont inexistants .Des ordures ménagères sont également retrouvées en bordure de cette route et même sur la chaussée non bitumée. Les maisons d’habitations sont entourées de hautes herbes et des eaux stagnantes qui sont des gîtes de moustiques qui y pondent leurs œufs.

Les commerçants du marché Mabanda se disent obligées de s’adapter à tout ceci, la quête des moyens de subsistance les y contraignant. Ils doivent travailler dans ces conditions très précaires pour du menu fretin parfois : « il ya la boue partout à Mabanda, on va faire comment, il faut quand même que je sorte vendre », confie une commerçante. « Nous sommes ici dans le marécage, quand il pleut on supporte seulement. Moi je ne regarde plus trop ça » renchérit une autre. Ici également, faute de voie de canalisation, de nombreuses maisons sont envahies par les eaux lorsqu’ ‘il pleut.

En réponse à ces inondations, certains essayent de surmonter l’entrée des domiciles en versant de la terre ; question de faire des remblaies. Mais à chaque fois, la puissance des eaux de pluie rase tout ceci au passage.

Accéder à l’eau potable est tout simplement un luxe ici. Alors bienvenue la débrouille. « Certaines personnes habitant Mabanda n’ayant pas facilement accès à l’eau potable s’approvisionnent dans des puits d’eau. Ceux-ci sont largement profonds et traités avec de l’eau de javel pour éliminer les microbes se trouvant dans le sol marécageux. » Explique un riverain.

Après les pluies, l’eau ne se retire pas complètement de certaines concessions mais reste plutôt entassée dans un coin ou tout le long du chemin, et dans les cours même plusieurs heures plus tard. Par conséquent, accéder à un domicile est difficile. « Quand il pleut, l’eau entoure les maisons ici mais n’entre pas à l’intérieur » explique, pour se satisfaire une habitante de Mabanda. Un autre habitant confie que chez lui la marée haute ne fait pas de dégâts car elle n’arrive pas jusque là. Une fois la nuit tombée, il faut faire face aux moustiques.

Cette situation due au marécage pousse la population à s’équiper de moustiquaires imprégnées mais tout le monde n el ‘utilise pas toujours. Ce qui explique que le centre de santé élémentaire Papa wamba reçoive constamment des cas de paludisme : « si mon fils tombe malade, je l’emmène au centre de santé à côté de la pharmacie de Mabanda ».

Le paludisme n’est pas la seule maladie que contractent les personnes qui y passent beaucoup de temps. L’on rencontre aussi es cas de dartre, de mycose des ongles, à cause du contact permanent avec les eaux usées étant donné qu’ils sont rares ceux qui possèdent des chaussures comme des bottes en caoutchouc adaptées à cet environnement.

Andriani Moussinga-Mutations-

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