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Cameroun : l’eau des barrages sera vendue

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L’Etat Camerounais, à travers EDC- Electricity Development Corporation- vendra l’eau des barrages hydroélectriques, à tous les exploitants. Une source importante de revenus, baptisée «droits d’eau».Dès l’année 2015 les entreprises exploitant les barrages hydroélectriques au Cameroun devront payer une redevance à Electricity Development Corporation l’organisme public gérant les intérêts de l’Etat dans le secteur énergétique.

Cette modalité de financement a été mise ne place pour optimise la gestion du secteur et permettre à EDC de disposer des moyens financiers nécessaires pour conduire certains grands projets attendus dans le secteur de la construction des infrastructures énergétiques.

Pour Theodore Nsangou responsable du projet Lom pangar, cette innovation devrait même permettre de rembourser l’ensemble de la dette contractée par l’Etat du Cameroun pour la construction du barrage hydroélectrique de Lom Pangar.  «Je dois faire remarquer que l’eau est une ressource naturelle intéressante, quasiment au même titre que le pétrole. L’eau peut donc constituer une source de revenus importante pour un pays. C’est pourquoi il était déjà prévu, même dès la privatisation de la SONEL, qu’à terme l’eau alimentant les barrages serait vendue. Le Cameroun et les bailleurs de fonds ont d’ailleurs convenu du fait que tout l’emprunt que j’évoquais plus haut pour le financement du barrage de Lom Pangar serait financé par les droits d’eau. En somme, les emprunts souverains contractés par l’État sont aussitôt rétrocédés à EDC au même taux. Car le modèle financier élaboré et approuvé par les bailleurs de fonds montre que les droits d’eau que notre entreprise percevra pourront lui permettre de rembourser ces dettes, et même de dégager des excédents. Suivant cette logique, à terme, EDC ne vivra plus des subventions de l’État, mais sera auto-financé et vivra, comme une société commerciale, de la perception des droits d’eau sur les différents barrages. C’est donc là l’enjeu extraordinaire des droits d’eau. Et d’ailleurs, puisque de plus en plus de barrages seront construits, ces droits seront certainement en hausse. Grâce à ce schéma, EDC est appelée dans l’avenir à être une société rentable».

Ainsi, l’optimisme des bailleurs de fonds, qui ont accepté de financer le projet de Lom Pangar en pariant sur la rentabilité future de l’entreprise une fois qu’elle percevra des droits d’eau  est de nature à rassurer. En attendant cette échéance, d’intense négociation ont eu lieu entre l’Etat du Cameroun et ses partenaires du secteur de l’électricité. Bien avant, un cabinet de consultants internationalement reconnu, a mené des études sur les modalités des calculs des droits d’eau au Cameroun, en s’inspirant des exemples d’autres pays tels que le canada.

Ces négociations sont abouties, et tous les acteurs du secteur énergétique, à en croire Theodore Nsangou, sont préparés au paiement des droits d’eau dès 2015 : «La nouvelle loi sur l’électricité a prévu ces droits d’eau, les décrets d’application sont signés et les arrêtés ministériels qui doivent fixer les taux sont quasiment prêts. Je dois vous dire que dans ce processus, le gouvernement a usé du dialogue avec les acteurs du secteur pour parvenir à des taux consensuels, de sorte que ces droits puissent effectivement être perçus dès janvier 2015 comme prévu».

 François Bambou

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