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Cameroun: le mûrissement du plantain se fait à base des produits chimiques

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ajafe-plantainSur le marché, le plantain mûr est beaucoup plus recherché par les clients. D’après Edith Pelda, ménagère, celui-ci offre plus d’options dans la confection des repas : 

« Le plantain mûr est un complément pour beaucoup de sauces et peut même être consommé seul ». De ce fait, lorsqu’il est mûr, ce produit s’écoule plus rapidement sur le marché et se vend plus cher. À titre d’illustration, un régime de plantain vert moyen coûte environ 4 000 F. Un régime semblable, une fois mûri, coûte entre 5 000 et 6 000 F.

Face à cette préférence des consommateurs pour le plantain mûr, certains commerçants utilisent des produits chimiques pour accélérer le mûrissement du plantain, non sans altérer son goût et sa qualité. « Plusieurs fois, j’ai mangé du plantain mûr et il m’a paru bizarre. Non seulement il n’était pas sucré, mais il avait également un goût semblable à celui du macabo », se plaint Corine Ngounou, une consommatrice.

Pour ne pas attirer l’attention des clients, les commerçants appellent secrètement le produit chimique utilisé « marie claire », en raison de son apparence incolore, semblable à de l’eau potable. Une commerçante qui a requis l’anonymat explique que pour l’utiliser, « il suffit de le mélanger à de l’eau, à raison d’un bouchon pour un litre et demi. Par la suite, on  l’asperge sur le plantain. Au bout d’un jour ou deux, le plantain est mûr ». Selon elle, l’accès au produit serait très facile, car disponible dans les quincailleries. Les prix sont à la portée de toutes les bourses, en fonction de la quantité demandée : « Le litre coûte 12 000 F. Mais, on le détaille à partir de 500 F, 1 000 F ou 2 000 F », poursuit-elle.

Le produit en question, dénommé « Mat », est un régulateur  de croissance qui agît sur la coloration des fruits. Il a été homologué pour la culture de l’ananas. Au ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), on s’indigne de la pratique, car dit-on ici, « un produit conçu pour la culture des ananas répond à des normes précises pour cette spéculation ».

Selon Elie Bertrand Ntomb, de la direction de la réglementation et du contrôle de la qualité des produits et intrants agricoles, « ce produit de niveau de toxicité III  ne peut être utilisé hors du cadre de la culture de l’ananas pour lequel il a été homologué sans présenter de réels dangers sur la santé du consommateur ». En plus de cela, il ajoute que, « de manière générale, les pesticides ont une période d’action de deux semaines. Avant ce délai, le produit est encore présent dans l’aliment et expose son consommateur à un risque de maladie ». Et de conclure, « pour le cas d’espèce, il pourrait s’agir d’un cancer ».

Jephté TCHEMEDIE

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