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Cameroun : le gouvernement veut booster la filière peaux et cuirs

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tannage claude 1Le secteur fait face à de nombreux freins pour son développement

Le constat a été fait à Maroua en octobre 2013. Une mission technique du Comité de compétitivité y a séjourné du 15 au 20 mai 2014, pour dresser l’état des lieux de la compétitivité de la filière peaux et cuirs dans la région de l’Extrême-Nord. L’objectif étant, d’élaborer un plan de redynamisation de la compétitivité, de développement des investissements de cette filière au Cameroun. C’est ç l’issue de ces assisses que la sonnette d’alarme a été tirée.

Le secteur se porte mal. D’ores et déjà, il ressort que la filière souffre de nombreux freins à sa compétitivité. Et comme premier frein, le Comité a d’abord identifié une forte extraversion de la filière, entraînant une évasion massive et non contrôlée des peaux brutes vers les pays voisins avec pour conséquence, d’importantes pertes pour les administrations fiscales locales et la fragilité  de l’emploi dans le secteur déjà moribond.

Le deuxième frein est celui de la faible structuration et organisation de cette filière qui fait vivre quelque 10000 familles, bien qu’une interprofession cuir existe mais demande à être appuyée, et ses moyens renforcés.

L’autre frein identifié est la faiblesse « tannerie » en termes de qualité. Le rapport de Lucien Sanzouango, secrétaire permanent de ce Comité précise que « ce secteur reste le maillon faible de la chaîne de valeur de la filière. Les méthodes de travail étant restées artisanales avec un impact négatif sur la qualité des peaux produites ». Une situation « aggravée par le quasi arrêt de l’activité de la Nouvelle Tannerie du Cameroun (NOTACAM) » note le rapport. D’où l’urgence de réhabiliter cette unité industrielle qui compte dans l’Extrême-Nord, 27 établissements ou points de collecte de peaux brutes et « qui a le mérite d’exister et sa mise en réseau avec les tanneries traditionnelles contribueraient à une plus grande valorisation locale des peaux brutes, augmenteraient la disponibilité de cuirs de qualité pour les opérateurs qui dépendent encore largement des tanneries installées au Nigeria »

En plus , le Comité de compétitivité suggère l’appui au renforcement des capacités d’encadrement et d’intervention de la Confédération d’éleveurs bovins du Cameroun et la réalisation d’une étude globale visant à identifier les niches de compétitivité et d’emplois dans la filière peaux et cuirs.

Le moins qu’on puisse dire est que ce rapport n’est pas resté lettre morte. le ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire a demandé de conduire les cinq actions adoptées par le Comité. Il s’agit de la structuration de l’interprofession en collèges de métiers, la réalisation d’une étude technique globale sur la compétitivité de la filière peaux et cuirs dans la région de l’Extrême-Nord et la réhabilitation et/ou l’extension des tanneries industrielles et traditionnelles existant dans la région.

Olive Atangana

 

 

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