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Cameroun : la Plaine de Ndop ne veut plus de la culture du Riz

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L’une des spécificités ayant fait la réputation de la localité de Ndop, et sans doute sa prospérité ; est la culture du Riz au Cameroun. Mais depuis quelques années cette denrée jadis mascotte de la localité est en perte de popularité dans les habitudes alimentaires.

Le programme mis en place par l’état pour gérer la culture de cette denrée bas de l’aile, les riziculteurs locaux sont dans le désarroi.

Pour mettre à profit par l’agriculture la vaste vallée alluviale de la région  de Ndop situé à l’Ouest du Cameroun, drainée par les affluents du fleuve Noun ; l’état du Cameroun avait crée la Upper Noun Valley Development (UNVDA).Favoriser le développement de la culture et de la commercialisation du riz était la mission essentielle de cette structure publique. Des moyens conséquents furent mobilisés pour subventionner à travers la fourniture d’intrants et l’encadrement technique, les paysans locaux engagés dans la culture du riz.

Mais la crise économique qui a sévi au Cameroun au début des années 1990 et la libéralisation imposée par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale sont passées par là.

Cette situation a entraîné la réduction drastique des moyens financiers et techniques mobilisés par l’Etat. S’en est donc suivie une baisse conséquente de l’activité, avec pour impact l’érosion au fil des ans  des revenus des paysans.

Dans la plaine de Ndop, 600 hectares de terre seulement, sur  les milliers prévus, sont aujourd’hui exploités par les 2500 riziculteurs paysans environ, selon des sources locales. C’est à peine 20% des capacités réelles du projet. La fin des subventions a entraîné une hausse vertigineuse du prix des intrants, sans aucune avec le prix marchand de la denrée et revenu du paysan. De nos jours, le sac d’engrais utilisé dans les rizicultures coûte 18 500 FCFA tandis que  le sac de 100kg de riz non décortiqué est vendu à 12 500 f CFA à la UNVDA.

Le « Ndop rice » a quasiment disparu des étals du marché de la localité. Le rayon spécifique jadis réservé à la denrée a été envahi par d’autres spéculations. Trois vendeuses sur 10 seulement vendent encore ce riz. Fidelia une vendeuse  est très amère : « la production du riz local a beaucoup baissé parce que  les paysans ne s’intéressent plus à sa culture. En plus, la UNDVA achète directement les produits auprès des paysans pour les revendre dans ses propres installations »

L’espoir qui vient de Corée

Les pouvoirs publics semblent avoir mesuré l’ampleur du désastre socioéconomique en gestation. Dans son budget 2010, le ministre de l’Agriculture et du développement rural avait prévu 1,8 milliards pour donner un coup de neuf aux installations de l’UNDA. Mais l’effectivité de cet pseudo appui n’est toujours pas perceptible sur le terrain.

Toutefois une délégation des experts sud coréens a visité en 2010 le projet. Elle a ainsi pu apprécier le niveau des équipements dans les usines et des terres exploitables de UNDA à Ndop..La délégation coréenne a insisté sur les diverses possibilités de soutien aux riziculteurs locaux, par des équipements assez performants de seconde main, de même qu’elle envisage sérieusement la production locale des engrais naturels. Les statistiques montrent que le Cameroun importe aujourd’hui 475 mille tonnes de Riz par an et n’en produit que 70 mille tonnes.

Paul Nkala

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