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Cameroun : la marche à reculons de l’alimentation saine

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gastro01S’il y a un mal qui tend à devenir commun à tous les camerounais depuis le début des années 1980, c’est la mal bouffe. Des camerounais ne font plus de choix en ce qui concerne leur repas. L’essentiel pour eux, c’est de se remplir le ventre. La qualité n’est plus prise en compte.

S’il est vrai que certains camerounais peuvent encore se permettre le luxe d’avoir du mouton, de la perdrix, du lapin, du foie gras, de la morue séchée, des meilleurs régimes de plantains, du poissons frais… à leur table, la vérité est que la grande majorité, pour ne pas crever de faim, est obligé de n’acheter que ce que peut leur offrir leur « maigre porte-monnaie« .

C’est ainsi que chaque matin, contraintes de se ravitailler au jour le jour, ces populations remplissent les marchés pour s’acheter, trop souvent, des aliments dont la qualité laisse à désirer ; les poissons congelés ou en voie de putréfaction, les tomates éventrées trop souvent exposées à même le sol, des balayures de riz, la viande faisandée, les spaghettis plein de charançons, des poissons fumées bourrés d’asticots du fait du mauvais conditionnement.

Il existe aussi une autre catégorie des camerounais, trop souvent jeunes, célibataires, faisant dans les petits métiers, très souvent paumés, qui ne se nourrissent que dans des restaurants ambulants(tournedos) dont l’emplacement voisine quelques fois dangereusement avec des lieux insalubres (dépotoirs , caniveaux, fosses septiques …). Cette jeunesse est tout aussi victime de la mauvaise alimentation. Les tenancières de ces lieux de petite gastronomie, avides de gain ne prennent pas de précaution dans la confection de leurs repas. Pour gonfler leur bénéfice, elles achètent les produits périmés, ou mal conditionnés, moins chers.

Surprise entrain de tamiser une sauce d’arachide pour y retirer des particules solides, Mme Tapda avoue que si elle n’achète pas des arachides moisis ,elle ne peut s’en sortir en vendant son de Riz- sauce d’arachide à 300 Fcfa (0,5euro). Conséquence, elle doit filtrer maladroitement sa sauce pour retirer toutes les particules solides qui attireraient l’attention du consommateur. Et le préjudice sur la santé alors ? Mme Tapda s’en fiche. Elles sont ainsi des centaines qui vendent de la nourriture aux débrouillards dans les rues du Cameroun et qui comme cette dame, préparent leurs mets avec la lie des ingrédients, hypothéquant la santé des populations.

Il est curieux que tant de produits faisandés se retrouvent régulièrement sur le marché au vu et au su des autorités en charge de la santé publique. Une curiosité, qui pour Roland Abanda, habitant logbaba dans la banlieue de la ville de Douala, incombe « à l’inefficacité des services d’hygiène des mairies d’arrondissement » qui, ne font pas des visites régulières dans les marchés afin de saisir et détruire ces mauvais produits.

Pourtant ,selon  Lionelle Nugon Baudon, dans Toxic-Bouffe, « l’aliment, si on le choisit bien, est un allié. C’est un médicament et même le premier d’entre eux. C’est lui qui nous maintient en vie, qui nous soigne et nous préserve. »

Viviane Zangue

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