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Cameroun : la fistule obstétricale en nette augmentation

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sage-femmeD’après le Dr Tebeu, la fistule obstétricale se caractérise par un écoulement continu et incontrôlé d’urine ou des selles qui ne passent pas par la voie normale, mais par un orifice inapproprié. La patiente pue. Non pas par manque d’hygiène. Elle sent mauvais parce que dans ces conditions, il lui est impossible d’assurer convenablement sa toilette. Environ 14% de victimes ont voulu se suicider parce que rejetées par leur bien-aimé et leur famille.

Le Dr Pierre-Marie Tebeu, principal spécialiste de la fistule obstétricale au Cameroun est inquiet. « Au Nord Cameroun la fistule a encore de beaux jours devant elle. Tant que les femmes continuent d’accoucher à la maison sans assistance médicale, tant qu’une femme devra quitter un village lointain de Maga pour aller donner naissance à Maroua, à des milliers de kilomètres de chez elle faute de spécialiste, c’est sûr, le mal va aller grandissant ».Reconnait-il.

Le gynécologue est clair. La fistule nuit à la santé de la femme. Au Cameroun, environ 40% de la population féminine y est exposée, surtout chez celles qui accouchent à la maison. Le Grand nord reste la zone la plus touché par cette maladie. Dans l’Extrême-Nord, par exemple, 76 % de femmes continuent d’accoucher à la maison, sans assistance ni suivi médical. En 2007,  le Dr Pierre-Marie Tebeu a enregistré 42 cas dans tout le Septentrion.

Dans cette catégorie, les victimes se recrutent chez les jeunes filles que les parents engagent précocement dans le mariage. Selon les statistiques, plus de 50% de fistules apparaissent chez les femmes qui ont accouché étant adolescentes.

Le Dr Tebeu estime que la morphologie de la femme est un facteur déclencheur de cette sale maladie.  De cela, il recommande que les femmes qui accouchent avant 20 ans bénéficient d’un suivi particulier pour éviter cette maladie. Il estime que celles qui ont moins de 60 kilos et mesurent environ 1.50 m sont aussi exposées à la maladie.

Mais comment en arrive-t-on à la fistule?

 Le Dr Tebeu explique que tout part d’un certain nombre de dysfonctionnements : l’accouchement pendant l’adolescence alors que les organes de la jeune femme, mariée ou non, ne sont pas prêts à supporter une naissance. On parle alors de fistule obstétricale.

 Les fistules non-obstétricales, elles, se contractent après des rapports sexuels forcés et violents. Il y a aussi les opérations (kystes ou fibromes) qui tournent mal, les objets que les gens introduisent dans leurs organes génitaux pour se procurer du plaisir, qui peuvent les blesser et laisser un trou.

 Les homosexuels aussi ont leur lot de fistules. Appelées fistules péri-anales, elles sont la conséquence de rapports sexuels par pénétration anale. Les patients d’hémorroïdes aussi en sont victimes. Cependant, au Cameroun, le gros de patients se recrute au sein de la gent féminine. Un peu plus de 125 femmes ont été opérées gratuitement au Centre hospitalier universitaire (Chu) de Yaoundé. Les patientes sont venues des quatre coins du Cameroun.

Fatima Issa- le septentrion.net

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