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Cameroun : incompréhensions autour de Lom-Pangar

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lom-pangar-camerounLa commission nationale des Droits de l’Homme proteste contre les barrières d’accès au chantier mais EDC appelle à la concertation.

Aux dernières nouvelles, la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (CNDHL) convoquera le directeur général d’Electric Development Corporation (EDC) au sujet de ce qu’elle considère comme une obstruction volontaire du déroulement de la mission qu’elle a envoyée enquêter sur les allégations de violations des droits humains sur le chantier de barrage de Lom-Pangar. La visite a effectivement avorté deux fois.

La première, c’était le 15 juillet 2014. Ce mardi-là, la délégation de la CNDHL a « été  bloquée à l’entrée du périmètre de sécurité du site abritant le chantier » par le personnel de sécurité qui excipait de « consignes fermes reçues » précisément au sujet de cette mission, s’indigne son président, Chemuta Divine Banda, dans une communication datée du 21 juillet 2014. Jeudi dernier, les inspecteurs de la commission étaient attendus. Cette fois, ils n’étaient plus sur les lieux où la compagnie EDC, les attendait au même titre que leurs collègues des Nations unies.

Le nœud du conflit réside, en effet, dans le protocole que l’on doit respecter pour se rendre sur le chantier. En moyenne, expliquent des sources officielles à EDC, il faut quatre jours pour préparer une visite. En l’espèce, la CNDHL a averti l’entreprise le 7 juillet 2014 de sa « décision » d’observer et d’investiguer à Lom-Pangar entre le 14 et le 17 du même mois. Trois jours plus tard, le directeur général d’EDC a proposé à la commission un report, entre le début et la mi-août, en raison de contraintes liées à la météo et à la sécurité. Ce que la CNDHL n’a pas accepté, arguant de ses propres impératifs de calendrier et de la disponibilité des commissaires. Elle « en a immédiatement informé » l’auteur de la contre-proposition et poursuivi son chemin. En vain.

La navette de correspondances achoppe donc sur la loi qui autorise la CNDHL à « diligenter » ses enquêtes indépendamment et en dehors de tout avertissement, souligne M. Chemuta. A cette prérogative, EDC oppose un état de fait qui rend l’inspection inopinée « impossible ». Bien plus, se défend EDC, les questions sociales qui motivent particulièrement l’inspection de la CNDHL imposent la présence du maximum de travailleurs, en grande partie absents au moment visé par les commissaires.

Jean Baptiste KETCHATENG

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