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Cameroun : Exploitation illégale des forêts dans le Mbam et Kim

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bois illégalLa société SIM accentue impunément le pillage forestier à Yoko

Malgré des dénonciations diverses de certaines élites de bonne volonté, et des soulèvements des populations locales, la société franco-italienne dénommée Société industrielle de Mbang (Sim), qui contrôle pratiquement toute l’exploitation des forêts dans le département du Mbam et Kim avec le soutien intéressé de certaines autorités administratives, des élites gouvernementales et des collectivités locales, poursuit son pillage forestier sans titres d’exploitation légaux. Après le secteur Est 2 de l’arrondissement de Yoko, La SIM lorgne désormais le secteur Est 1 où se trouve une réserve forestière protégée.

C’est l’histoire d’un village qui a pour nom Melimvi. Situé dans le secteur Est 2 de l’arrondissement de Yoko, ce petit village où vivent une cinquantaine de personnes s’est récemment retrouvé au devant de l’actualité à cause de l’exploitation forestière qui y est conduit depuis près de trois ans par la Société Industrielle de Mbang en abrégé SIM. Une exploitation forestière qualifiée « de pillages illégaux des forêts » aussi bien par des fonctionnaires du ministère des Forêts et de la Faune que des associations de la société civile du secteur de défense de l’environnement.

Ainsi, au milieu du mois de janvier 2015, un groupe de jeunes paysans de Melimvi, soutenus par leurs parents dont la plupart sont des vieillards grabataire, malades et indigents, se sont soulevés contre cette exploitation forestière de la SIM dans leur village. Pendant près d’une semaine, ces jeunes gens ont bloqué les camions grumiers de cette société en pleine forêt. Paralysant ainsi le trafic forestier de la Sim dans leur village. Une enquête du Messager réalisée il y a quelques mois, avait révélé opportunément que cette société franco-italienne exerçait dans ce village et ses environs une frauduleuse exploitation sans le moindre titre forestier attribué régulièrement par l’Etat du Cameroun.

Un jeune homme du village Melimvi joint au téléphone par Le Messager explique sous anonymat: « Depuis trois ans que la Sim est arrivée ici dans notre village, nous n’avons rien vu comme changement dans notre cadre de vie, comme l’exige la loi sur les forêts. Ce que nous savons c’est que la SIM est arrivée ici à Melimvi, par une action de notre frère, ministre et grande élite, René Sadi. Son secrétaire particulier est venu à plusieurs reprises ici à Melimvi rencontrer notre chef pour nous dire que le ministre Sadi avait trouvé une société forestière capable de nous construire une route, de changer notre cadre de vie et de nous mener vers le progrès.

La vérité est connue de tous : depuis que la Sim coupe le bois sous un titre qu’elle soustraite, cette société n’a rien pu faire ici au village. Pas d’eau potable, pas d’électricité villageoise, encore moins de case santé où une école. Pendant ce temps, le bois sort chaque jour à une vitesse avec grand V. Nous avons déjà attiré l’attention des autorités et du maire de Yoko. Il fallait bien qu’un jour nous puissions réagir ». L’action salvatrice du sous-préfet Immédiatement après le déclenchement de ce mouvement d’humeur des paysans de Melimvi, le préfet du Mbam et Kim qui a été mis au courant a instruit le sous-préfet de Yoko d’effectuer une descente sur le terrain. Le sous préfet Um Donatien, personnage d’une intégrité morale avérée, qui avait déjà en temps réel attiré l’attention de sa haute hiérarchie sur les micmacs et autres violations observés autour de l’exploitation forestière de la Sim à Melimvi, a donc conduit une délégation dans ce village qui avait pour mission de faire le point de la situation. Selon diverses sources, les constats faits sur le terrain sont révoltants.

D’abord, la route rurale promise par la Sim lors des réunions de concertations avec les riverains est inachevée. Ladite route qui a été construite suite à un crédit de l’Etat du Cameroun, s’arrête pour l’instant loin de Melimvi. Avec la dernière saison de pluie, ladite piste s’est même refermée. Chaque jour pourtant, les grumiers de la Sim traversent Melimvi et ses alentours, s’enfoncent dans la forêt, récupèrent le bois d’essence précieuse pour exploitation et exportation. Ceci sans que les forages d’eau potable, et autres cases de santé promis aux riverains ne soient réalisés. « Ce que nous savons est que de temps à autres, le chef du village, qui est actuellement très malade, reçoit des petites enveloppes très souvent insignifiantes. Et pour un vieux de son âge cet argent est fatalement utilisé pour de l’alcool. Et le village reste toujours sous développé », s’insurge un jeune paysan de Melimvi. C’est ainsi qu’à l’issue des observations faites sur le terrain, le sous-préfet de Yoko a exigé que la Sim respecte dans l’immédiat ses engagements.

Le directeur d’exploitation de la Sim, le Français Labbé, certainement pressé par ses protecteurs gouvernementaux de Yaoundé a promis la construction de trois forages dans les hameaux riverains de l’exploitation forestière autour de Melimvi. Comme si les ravages et autres pillages illégaux des forêts par la Sim dans cette unité administrative dont est pourtant originaire l’actuel ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation ne suffisaient pas.

Le préfet du Mbam et KIM, le nommé Mamoudou, très proche d’un collaborateur direct du Minatd, a pourtant présidé le 23 décembre dernier à Yoko, une réunion de palabre entre les responsables de la société Sim et les représentants des familles riveraines du secteur Est 1 de l’arrondissement de Yoko. La réunion qui s’est tenue en présence du maire, avait pour but essentiel d’arrêter un cahier de charge qui amènerait à la société SIM à investir dans le social au cours de l’exploitation forestière qu’elle va a nouveau conduire dans ce secteur. Certaines sources parlent d’une vente de coupe située au village Mekambin. D’autres d’un permis de récupération de bois, après une ouverture de route dans le secteur forestier de l’arrondissement de Yoko. Mais vérification faites au ministère des Forêts et de la faune, la SIM n’a pour l’instant aucun titre d’exploitation forestier dans le secteur pour ce qui est de l’exercice en cours.

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Jean François CHANNON

  1. la voix du citoyen dit

    CEUX LA MM QUI PILLENT LE PAYS SONT LES ENFANTS DU PAYS AVEC LA COMPLICITE DE LEURS AMIS BLANCS LE SOL DU KAMERUN ET SON SOUS SOL EST AU KAMERUNAIS

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