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Cameroun : des morts à cause du dérèglement climatique

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 Des individus morts alors qu’ils s’approvisionnent en burundieau devenue rare.

Dans le Mbam et Kim, la sécheresse des cours d’eau entre février et avril 2013 soumet les populations de l’arrondissement de Mbangassina et ses environs à l’approvisionnement en cette denrée dans le fleuve Mbam. L’eau puisée dans ce fleuve servait pour la cuisine, le ménage et même pour s’abreuver. Non sans risques. Puisqu’une jeune fille de 25 ans y est morte des suites de noyade en mars 2013 au moment où elle puisait de l’eau. La défunte qui a laissé trois orphelins a fait une crise d’épilepsie qui l’a entraînée au fond du cours d’eau.

A Bokito, dans le département du Mbam et Inoubou cette fois, en 2012, la rivière Okolé a connu des crues pendant la petite saison des pluies (mars à juin) arrachant la vie à une fille de cet arrondissement noyée alors qu’elle rentrait des champs.

Dans cette même localité, une pénurie d’eau a laissé les robinets secs entre février et avril 2013. «Il nous a été dit que des pêcheurs avaient ouvert le château pour y pêcher du poisson et la réserve d’eau s’est échappée», spécule Georges W. Cet adolescent, élève au lycée de cette localité, se console quand même d’avoir été reçu au Brevet d’études du premier cycle (Bepc), bien que ses heures d’études étaient régulièrement perturbées par la recherche d’eau. Ici, même les points d’eau souvent négligés ont tari. Georges W. aurait pu éviter cette corvée qui lui imposait des longues distances de marche si tout autour de leur maison, les propriétaires des puits les avaient laissés sans cadenas. L’eau de qualité douteuse qu’il puisait durant cette pénurie lui a causé une éruption cutanée tandis que sa mère contractait la fièvre typhoïde et les amibes. Ce qui leur a coûté des dizaines de milliers de francs Cfa pour le traitement.

 Aujourd’hui, Georges W., se remémore ces évènements qu’il attribue (naïvement ?) au changement climatique. Les gens en parlent davantage et en 2013 , la deuxième campagne agricole qui démarre souvent là-bas comme ailleurs en août a été retardée d’un mois. Les pluies sont tombées seulement à partir de septembre. Sans oublier, comme relève Georges Tchenko, encadreur agricole, que le rendement pour des plantes telles que le macabo et le taro a considérablement baissé. La variété de maïs local a presque disparu. «Son cycle étant très long, on lui préfère des hybrides qui mûrissent plus tôt», dit-il.

Des variétés qui ne satisfont pas toujours les conservateurs «Notre maïs, notre arachide, notre plantain, ou encore nos ignames et nos ananas sont souvent appréciés parce qu’on cultive habituellement les produits sans intrants. Si on ne peut plus le faire, auront-ils toujours la même cote sur le marché?» s’interroge-t-elle.

Le prix des feuilles de jonc, utilisées pour confectionner le bâton de manioc (pâte de manioc fermenté) flambe tous les jours. Leur rareté est l’une des raisons de l’augmentation du prix du bâton de manioc à 100Fcfa alors qu’il coûtait 50Fcfa en 2010, à en croire ceux qui le confectionnent. Conséquence de l’assèchement progressif des marécages dans lesquelles poussent ces feuilles.

 Adrienne Engono Moussang

 Son blog est http://sanentech.wordpress.com/

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