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cameroun: Adamou Ndam Njoya exprime sur l’état de la décentralisation

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credit photo; camer.be
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Le maire de Foumban, vice-président des Communes et villes unies du Cameroun (CVUC) et président de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC) a participé aux « séminaires régionaux de renforcement des capacités des acteurs locaux de la décentralisation » organisés par le Minatd à Douala les 23, 24 et 25 mai 2016. Il revient sur le transfert de compétences aux communes plus de dix ans après l’instauration de la décentralisation au Cameroun.

Bosangi : Depuis 2004 on parle de renforcement de la décentralisation au Cameroun. Pensez-vous qu’en 2016 on soit encore à parler de renforcements des capacités des acteurs locaux de la décentralisation ?

 Adamou Ndam Njoya : Effectivement c’est tout un processus. Décentraliser suppose qu’on puisse enlever certaines compétences, certaines attitudes à ceux qui exerçaient ces compétences, qui doivent revenir maintenant aux collectivités locales décentralisées c’est-à-dire aux communes. Ce n’est pas toujours facile. Partir de l’Etat central au niveau de l’Etat local dans la mesure où la Ré- publique du Cameroun est un Etat unitaire décentralisé. La partie décentralisée est composée par des communes et des régions qui ne fonctionnent pas encore. Alors, ceux qui sont au niveau central, dans les ministères font freiner la décentralisation. Cela les empêche de gérer certains fonds, d’être à la base de certains projets et de leurs réalisations. Mais je pense qu’on est en train d’y arriver. Il suffit seulement que l’Etat puisse jouer pleinement son rôle et qu’il y ait cette volonté politique de dé- centraliser. Il faut doter les communes des personnels qualifiés, des ingénieurs, des techniciens pour qu’on n’ait pas recours aux services déconcentrés. Il y a aussi un problème de mentalité, il faut qu’on sache que dans les communes, on agit pour l’Etat, et dès lors, il doit y avoir une coopération et une complémentarité entre la tutelle, la municipalité et les services déconcentrés. C’est très important, c’est un travail d’éducation, de formation et d’information.

 A vous entendre parler, on a l’impression qu’il y a un conflit de transfert de compétences aux communes. Ce transfert existe-t-il uniquement dans les textes ou bien il est effectif sur le terrain ?

 Le transfert de compétences est effectif partiellement, mais pas complètement. Il y a certains départements ministériels qui ont bien transféré, et d’autres qui n’ont pas complètement transféré. On arrive dans des situations où dans le budget d’investissement public, on a des projets prioritaires, qui sont maintenant gérés par les préfets. Ce qui veut dire qu’on écarte complètement les maires de la gestion de ces projets. Ce qui pose problème. En matière de décentralisation les textes doivent être clairs en ce qui concerne les ressources à transférer et les compétences à transférer. Et il faut qu’il y ait un contrôle, qu’il y ait des acteurs sur le terrain pour réglementer.

Quelles sont donc les conséquences sur les services essentiels que vous êtes censés rendre aux populations par rapport à tous ces blocages ?

 On aurait pu faire mieux, mais on fait ce qu’on peut avec les moyens qui sont là et les techniciens qui sont là. Je pense que si on a organisé cette rencontre, c’est pour prendre conscience de ce qu’on doit faire. C’est pour cette raison que les interventions des différents maires, des sous-préfets, et des préfets nous amènent à nous rendre compte que les différents services qu’on doit rendre aux citoyens au niveau local sont encore nombreux. Il faut que tout le monde soit mobilisé ; c’est pour cela que nous recommandons qu’il y ait un réel dynamisme aussi bien du côté des acteurs locaux, que de la tutelle et les services déconcentrés pour le bien-être de nos populations. Il faut que nous soyons citoyens et patriotes en même temps.

. Propos recueillis par Florine NSEUMI Léa

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