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Cameroun : 95% des déchets hospitaliers ne sont pas recyclés

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déchets hospitaliersLes déchets hospitaliers restent un casse-tête pour les autorités camerounaises. Aucune solution n’est pas envisagée pour résoudre dans l’immédiat cette situation, ces déchets spécifiques continuent à être traités comme tous les autres déchets ménagers. Les tentatives de recyclage et de traitements entrepris par le secteur restent circonspectes. Monsieur Bitjong hygiéniste apporte son éclairage sur ces déchets.

Ajafe.info : Quelle différence entre les déchets  hospitaliers et les déchets  d’activité de soins ?

Mr.Bitjong : Notons tout d’abord qu’il existe en milieu hospitalier, trois types de déchets : les déchets d’activité de soins hospitaliers, les déchets ménagers et des déchets issus des pièces anatomiques reconnaissables.La véritable particularité des déchets hospitaliers c’est qu’il y a des déchets solides et des déchets liquides. Les déchets solides sont plus perceptibles. C’est cette catégorie qui va nous intéresser dans ce chapitre.

Quelle est la typologie des déchets hospitaliers ?

 M. Bitjong : Il y a les déchets d’activité de soins à risques infectieux et les déchets domestiques. Relevons qu’il ya des déchets qui exigent une collecte particulière, à l’instar des pièces anatomiques, des déchets métalliques ou en verre,  non biodégradables, (argent, mercure…) qui représentent un danger évident  pour la santé et l’  environnement .

a)-Les déchets à risque infectieux : on parle de risques infectieux lorsque des personnes peuvent être exposées à des agents susceptibles de provoquer une infection. Nous pouvons citer les organismes  génétiquement modifiés (O G M), les endoparasites humains (les parasitoses intestinales, les myiases…).Les déchets piquants (seringues), tranchants et coupants (bistouris, lames…) constituent la panoplie des déchets à risques infectieux, qui doivent être collectés dans un conteneur approprié. Les déchets issus des unités médico-techniques (déchets opératoires, placenta…), les déchets des unités de soins (pansements souillés de sang, bocaux d’aspiration à usage unique, sondes  d’aspiration urinaires) et les déchets provenant des malades en isolement font partie des déchets à risques infectieux.

b)-Les déchets domestiques : Les restes alimentaires à l’exception de ceux provenant des malades en isolement, constituent  les déchets domestiques hospitaliers. Les déchets provenant du nettoyage désinfectant (poussières, vaisselle cassée), les changes à usage unique, à l’exception de ceux provenant des malades en isolement. Les déchets domestiques doivent être incinérés soit à l’intérieur de l’hôpital, soit dans un incinérateur agrée s’il répond aux normes  techniques respectueuses de l’environnement et  la santé publique.

c)-Les déchets radio- actifs, le mercure, l’argent, les médicaments non utilisés constituent l’autre préoccupation  majeure tant pour l’environnement que pour la santé publique.

Comment sont  gérés les déchets d’activité de soins  dans le circuit hospitalier camerounais ?

Les  filières d’élimination  au Cameroun sont floues, pour ne pas dire inexistantes. En effet le tri, le conditionnement, l’entreposage intermédiaire et le transport  des déchets d’activité de soin sur la voie publique ne sont pas respectueux  des facteurs contaminants qu’ils représentent. Dans le circuit classique, le responsable des déchets  c’est  le  producteur des déchets, dont  la gestion  est de la compétence de l’hygiéniste ou plus globalement  du service d’hygiène hospitalière de l’hôpital. Dans le contexte camerounais, l’information  à l’intérieur de l’hôpital sur les risques de certains déchets d’activité de soins est aléatoire. Même s’il y a une petite ébauche dans certains  hôpitaux de référence, force est de constater que dans l’ensemble, des bouteilles en plastique servent de poubelles au personnel médical pour le conditionnement des seringues et aux autres objets coupants et tranchants ! C’est la conséquence de l’absence d’une politique de banalisation  des déchets d’activité de soin. Auparavant, les filières d’élimination préconisaient l’incinération, le compostage, l’enfouissement… Mais ces méthodes posent un problème environnemental et de santé publique (pollution, contamination de la nappe phréatique)

Quelle est la quantité des déchets produits par des hôpitaux au Cameroun ?

Les statistiques dans ce sens, n’existent pas. Pas plus que des données en termes d’élimination. Au Cameroun, un malade produit en moyenne trois kilogrammes de déchets par semaine. Mais c’est une estimation  toute relative.

Quelle est la classification sanitaire des déchets d’activité de soin ?

 Les déchets hospitaliers rentrent dans le cadre de l’hygiène hospitalière. Au Cameroun, en l’absence d’une politique de gestion rigoureuse des déchets d’activité de soins, c’est-à-dire qui réponde aux normes imposables à tous les praticiens, ceux- ci sont gérés comme des déchets ordinaires. Pourtant la collecte même de ces déchets pose problème, autant que le traitement par la société qui a été requise à cet effet. L’intervention de l’hygiéniste dans le  processus de la gestion des déchets hospitaliers est fondamentale dans la réussite de la réforme hospitalière. Car si tous les déchets d’activité de soin se retrouvent dans la nature, il va de soi que les populations s’exposent à des risques infectieux graves. Il est de mon point de vue impératif de mettre sur pied des structures spécifiques de gestion d’hygiène hospitalière et de déchets  d’activité de soin, selon  un système de normalisation et de certification de la gestion de déchets  hospitaliers.

 

Entretien réalisé par Albert Anatole Ayissi

 

 

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  1. Virginie Moyo dit

    bonjour et merci pour les données en ligne

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