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Atangana Kouna : « nous n’avons pas investi pendant 20 ans dans le secteur de l’eau»

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Basile-ATANGANA-KOUNAL’eau  reste une denrée rare au Cameroun.il ne se passe un jour sans que des plaintes viennent de tous les coins du pays pour dénoncer le manque d’extension du réseau de distribution de l’eau. Le ministre en charge de l’eau dans une interview accordée au quotidien national apporte la version de l’Etat sur ce problème qui a soulevé la colère d’une partie de l’Armée.

Comment expliquer que le Cameroun qui dispose de tant de cours d’eau ait autant soif ?

Le problème de l’hydrographie de notre pays ne se pose pas. Il faut comprendre que la production et la distribution d’eau potable nécessitent des investissements lourds pour des infrastructures adéquates. Nous n’avons pas  investi  dans le secteur pendant les 20 années que notre pays a passées sous ajustement structurel. Maintenant que nous en sommes sortis, les vannes peuvent davantage être ouvertes pour pomper l’eau de nos fleuves et rivières.

Le cas de Yaoundé reste inquiétant. Le rationnement est toujours d’actualité…

Oui, il faut dire que  les besoins en eau potable de notre capitale sont actuellement de l’ordre de 300 000 m3/jour. Cependant nous ne produisons que 100 000m3/jour à la station d’Akomnyada à Mbalmayo, en période de pointe. Il ya donc  un déficit important dans la production, et le dit déficit se trouve accru en période d’étiage où la source de captage dans le Nyong diminue quelque peu. C’est ce qui justifie le rationnement de la distribution dans la ville de Yaoundé. Toutefois, et à court terme, nous allons apporter un plus dans la résorption de ce déficit, avec la mise en service de la station de Mefou qui produire 50 000m3 d’eau par jour ; la modernisation et l’extension d’akomnyada qui apportera 40 000m3 d’eau supplémentaire par jour. Des lors, la production d’eau pour notre capitale sera portée à 190 000m3/jour. En définitive, c’est l’aboutissement du projet Sanaga qui viendra durablement résoudre le problème d’eau pour la ville de Yaoundé et ses environs (300 000 m3/jour)à partir du fleuve Sanaga à Batschenga

Quel est l’état de la production nationale actuelle d’eau potable?

L’état du Cameroun fournit de grands efforts pour mettre l’eau potable à la disposition des populations camerounaises en qualité et en quantité, tant en milieu urbain qu’en milieu rural à travers des projets de développement. Pour ce qui concerne le milieu urbain dans lequel la production de l’eau potable peur être bien quantifiée, les chiffres actuels se situent autour des valeurs suivantes : 107 centres gérés ; une capacité totale de 177 000 000m3/an et un rendement de production de 95,383%. Il est à noter qu’avec l’avènement des projets en cours, ces chiffres vont certainement évoluer dans les mois à venir

Quels sont les projets en cours pour la production en eau potable au Cameroun ?

Grâce à l’appui de l’Etat et au concours des bailleurs de fonds et de certains partenaires au développement, un vaste programme d’investissement sur dix ans a été mise en place. Les financements proviennent de : la Banque Africaine de Développement (BAD) pour le projet de 16 centres secondaires ; DEXIA pour le projet de 52 centres (nous sommes actuellement à la5e phase dudit projet 😉 la Banque Mondiale-PDUE (travaux d’urgence, branchement sociaux etc..) L’Agence Française de développement (AFD) et la Banque Européenne d’Investissement(BEI) pour le projet Mefou et le projet yaoundé plus trois villes secondaires (Edéa, Bertoua, Ngaoundéré) ; Eximbank-Chine pour le projet Yato (sa 2e et dernière phase est actuellement en cours). Tous ces projets visent à améliorer l’accès à l’eau potable des populations et l’assainissement.  La Camwater  ne reste plus qu’à suivre les différents chantiers pour que ces projets aboutissent à temps.

Dans les projets en cours ou à venir, on évoque surtout les grandes villes. Qui doit fournir l’eau potable à l’arrière –pays ?

Comme je venais de vous le dire tantôt, l’Etat fournit de grands efforts pour mettre l’eau potable à la disposition des populations camerounaises en qualité et en quantité, tant en milieu urbain qu’en milieu rural à travers des projets de développement. Le décret No2012/501/PR en date du 07 novembre 2012, consacre cette lourde et exaltante mission au ministère de l’Eau et de l’énergie. A cet effet, beaucoup de projets  financés par le Budget d’Investissement public (BIP) et les partenaires au développement sont exécutés ou en cours d’exécution en milieu rural sur toute l’étendue du territoire du Cameroun. Nous pouvons citer à titre d’illustration : le programme d’hydraulique rurale sur BIP qui vise la construction et la réhabilitation de 341 infrastructures d’hydraulique ; le projet d’alimentation en eau potable et d’assainissement en milieu rural dans quatre régions (Sud, Sud-ouest, Nord-Ouest, Ouest) sur financement conjoint BAD-Cameroun. Ce projet concerne la construction et la réhabilitation de 89 réseaux d’eau potable dont 16 réseaux dans la région du Sud-ouest et 28 dans la région du Nord-Ouest ; la 5eme phase du projet Don japonais d’amélioration de l’alimentation en eau potable dans les régions du nord et de l’Extrême-Nord. Il s’agit de réaliser 189 forages équipés de pompes à motricité humaine dont 57 dans le Nord et 132 dans l’Extrême-Nord.

Propos recueillis par Jocelyne Ndouyou-Mouliom

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