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Anticipons

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 11Une rencontre des Maires et administrateurs des villes de l’Afrique Centrale élargie à d’autres villes de l’Afrique subsaharienne, s’est tenue du 23 au 25 juin 2014, à Douala. Son thème : « Les villes d’Afrique et le changement climatique », pouvait paraître générique, voire même lointain. Mais au cours des travaux, les Magistrats municipaux venus de Kinshasa, Ndjamena, Libreville, Pointe-Noire, Nantes, Kaolack et d’autres villes du Cameroun, ont rendu compte de leurs inquiétudes, des désastres liés au réchauffement de la planète et de la difficulté à définir des mesures efficaces pour contenir l’évolution des températures en deçà de 2°C à l’horizon 2100.

Or, depuis le sommet de Copenhague en décembre 2009, la position de l’Afrique reste inchangée sur les principes mais piétine parce qu’elle a du mal à s’appuyer sur la réalité de ses expériences et de présenter la note effective des dépenses qu’elle a engrangées depuis la signature des accords de Kyoto, la mise en place des MDP et la création du marché carbone.

En effet, en décembre 2009, le regretté Meles Zenawi, alors premier ministre de l’Ethiopie et négociateur en chef de l’Union Africaine à Copenhague, disait : « Nous savons tous que l’Afrique n’a pratiquement pas contribué au réchauffement planétaire, mais elle est la première à en subir les conséquences les plus lourdes. »

Ces mots pèsent de tout leur poids et ont un sens inouï lorsqu’ on sait que des porteurs de projets en Afrique, se sont engouffrés dans les MDP. Ils y ont vu une nouvelle forme de coopération pour le développement des énergies alternatives mais aussi comme une manière dynamique de contribuer à la lutte contre le changement climatique.

Des porteurs de projets privés venant du continent, (comme le Cameroun) vont donc s’engager dans le MDP, (mécanisme pour le développement propre), avec l’assurance que les promesses tiendront bien le langage des fleurs.

Car le mécanisme pour le développement propre est fondé sur un schéma de solidarité clair : « Les pays industrialisés payent pour des projets qui réduisent ou évitent des émissions dans des nations moins riches et sont récompensées de crédits pouvant être utilisés pour atteindre leurs propres objectifs d’émissions. Les pays receveurs bénéficient gratuitement de technologies avancées qui permettent à leurs usines ou leurs installations générant de l’électricité, d’opérer de manière plus efficace. »

La problématique de l’échange solidaire a été au cœur des discussions lors de ce séminaire qui a été organisé par l’Association Internationale des Maires francophones avec la Communauté Urbaine de Douala, qui héberge sa première centrale de captage et de production de biogaz au Génie Militaire (Douala) ainsi qu’un centre de recyclage des Pet.

Une collectivité qui se trouve donc à la pointe des technologies de valorisation, de recyclage et de traitement des déchets, plaque tournante des solutions nouvelles pour lutter contre le réchauffement de la planète et proposer de nouveaux modèles de développement. Les discussions au cours de la rencontre de Juin 2014 à Douala, ont mis en exergue l’urgence de recenser les expériences africaines dans ce domaine, de rassembler les forces pour que l’Afrique parle d’une seule voix, dans le sens de l’évaluation du Protocole de Kyoto, et du renforcement des mesures contraignantes pour une lutte solidaire contre le réchauffement de la planète.

En novembre 2015 se tiendra à Paris la Cop 21. Elle doit se préparer en Afrique dès maintenant car les enjeux sont de taille: la révision des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) ; la fixation aux différents pays des Objectifs de développement durable (Odd).

Il faut donc un accord suffisamment ambitieux, applicable à tous, doté d’une forme juridique contraignante pour permettre d’atteindre l’objectif des deux degrés pour sauver la planète. Cet accord doit mettre en œuvre un changement de paradigme prenant en compte le défi climatique non pas comme un « nécessaire partage du fardeau des émissions, mais également comme une opportunité de création d’emplois, de richesses, et d’invention de nouveaux modes de production et de consommation ».

Or, au cours de leur descente sur les sites des innovations technologiques que sont la Centrale de captage et de traitement du biogaz et le Centre de tri à Douala, le 25 juin 2014, les édiles de l’Afrique subsaharienne, ont pu se rendre compte que ces structures sont créatrices de valeurs et d’emplois; elles sont également pourvoyeuses d’outils techniques pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre .

Ce sont également de nouveaux modèles de croissance pour l’Afrique. Le premier pas dans la préparation de la Cop 21 prévue en Novembre 2015, est cette rencontre. La seconde étape est Dakar en septembre 2014. Pendant ce temps les parlementaires se sont aussi réunis. En d’autres termes, il faut des Synergies pour combiner les initiatives et leur donner une force de persuasion. C’est cela l’anticipation

Michel Ngapanoun directeur Général Hysacam

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