Banner Before Header

Trois questions …sur le requin au Cameroun

0 234

requinsEntre 1981 et 2005, les effectifs de requins-marteaux ont aussitôt chuté d’au moins 83 %. L’afflux des armadas européennes et asiatiques dans les eaux poissonneuses qui vont du Maroc à la Sierra Leone accompagne indirectement le ciblage sino-ghanéen: entre 2001 et 2005, sur le seul littoral mauritanien, 42 % des prises accessoires effectuées par les navires industriels venus d’Europe ont concerné les requins-marteaux !

L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) classe le requin-marteau halicorne (sphyrna lewini), ainsi que le grand requin-marteau (sphyrna mokarran), dans la catégorie des espèces mondialement ‘en danger’. Rien n’y fait: sous la pression des lobbies, comme pour le thon rouge, la Convention sur le Commerce International des Espèces de faune et de flore sauvages menacés d’extinction (CITES) refuse toujours d’inscrire le requin-marteau halicorne à son Annexe des espèces en danger – proposition des États-Unis et Palau (mars 2010*4); on ne va tout de même pas se fâcher avec les Chinois pour des requins… La surexploitation continue donc: les ailerons du requin-marteau halicorne sont grands, avec de nombreux rayons (cartilages), très prisés ! Qu’importe que ce requin ait l’un des taux de croissance le plus bas de tous les squales côtiers, et l’un des taux de récupération les plus faibles:  Au Cameroun , on se semble même pas avoir une idée sur ces espèces.

kamlaKAMLA MANATEE, un jeune chercheur camerounais  sur la faune ichtyologique Camerounaise essaye de nous situer sur la place du requin dans la mégafaune camerounaise.  

 -Il serait bien curieux de penser que le requin fait partie de la faune camerounaise ….

Effectivement les requins font partis de la faune ichtyologique camerounaise; toutefois, il existe très peu de publication scientifique sur les requins au Cameroun. Déjà, la chasse et les captures accidentelles des requins permettent d ‘avoir une idée embryonnaire sur la distribution de ces espèces. Mes observations sur ces captures laissent penser que du côté de Idenau vers Limbé, on retrouve des requins marteaux et les requins gris. De même, du côté de Yoyo, vers mouanko; l’interview d’un pécheur spécialiste de requin  fait savoir qu’il existe près de 6 espèces de requins dans cette région.

-Est –ce qu’il est possible de connaitre leur mode d’alimentation et déplacement sur les côtes camerounaises aujourd’hui ?

D’après la littérature, il en ressort de manière générale que les requins sont ichtyophages, donc se nourrissent d’autres poissons. Mais, il convient de mener des études approfondies pour déterminer de manière spécifique les espèces de poissons qui rentrent dans leur régime alimentaire et quelles sont leur préférence.

La compréhension de leur habitude alimentaire est déterminante pour la compréhension de leurs mouvements migratoires qui est tributaire d’une part de la disponibilité alimentaire mais aussi des cycles saisonniers et climatiques.

-Si  je comprends bien à l’état actuel ; il est bien difficile de fournir une statistique précise sur les requins au Cameroun?

Très difficile; surtout lorsqu’il s’agit des espèces aquatiques en général au Cameroun. Très difficile; surtout lorsqu’il s’agit de la mégafaune aquatique du Cameroun.

Je fais allusion aussi aux dauphins, baleines et lamantins Ouest Africain. Ces espèces font peu l’objet d’attention des scientifiques et des programmes de conservation de la biodiversité au Cameroun. C’est pourquoi, il reste encore beaucoup à faire pour l’amélioration du statut de la mégafaune aquatique camerounaise; tant sur le plan académique, programmatique et légal. La création d’un institut de biologie marine constitue une phase importante dans le processus d’amélioration de la connaissance de ces espèces au Cameroun. De même, la promotion de l’écotourisme basée sur la mégafaune aquatique permettrait non seulement de mieux connaitre ces espèces mais aussi d’encourager leur valorisation et  leur protection.

La construction d’un méga- aquarium dans la ville de Douala, Limbe ou Kribi sera d’une très grande importance car elle  servira  de vitrine d’exposition à la diversité de la micro et de la mégafaune aquatique et marine du Cameroun. En outre, cet aquarium constituera une importante source de revenu.

 Propos recueillis par Stéphanie Ekouda

 .

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.