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Tchad : les populations ont peur de l’exploitation future de l’uranium

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uraAlors que certaines situations sur le terrain amènent à s’interroger sur les mesures prises pour éviter aux populations des conséquences fâcheuses lors de l’exploitation des minerais, du côté des pouvoirs publics, certains responsables semblent minimiser les choses. Ils pensent que toutes les dispositions seront prises pour faire face au respect de l’environnement. Toutefois au sain de la société civile le doute s’amplifie.Selon l´article 86 du Code minier tchadien, toute personne physique exécutant des travaux en vertu de ce Code est tenu de garantir la sécurité et l´hygiène des employés et des tiers.
Les règles de sécurité et d´hygiène minimales applicables à ces travaux sont établies par arrêté conjoint des ministres des Mines, de la Santé publique, du Travail et de la Justice, et, souligne le même texte, le ministre des Mines peut inviter le titulaire de titre minier à élaborer les directives relatives à la sécurité et à les lui soumettre pour approbation.

Les responsables tchadiens déclarent n’avoir pas perdu de vue la dimension protection de l’environnement et la prise en compte des droits des populations. Ceux-ci qualifient les risques d’irradiation de mineurs de quasiment nuls à la phase d’exploration. Les risques n’apparaîtraient qu’à la phase exploitation. « Nous sommes loin du phénomène d’Oklo« , nous a déclaré un responsable tchadien. Oklo est une mine d´uranium situé au Gabon et qui émet de fortes radiations grâce à des réacteurs naturels. Ces réacteurs ont pu fonctionner spontanément durant plusieurs milliers d’années en dégageant de la chaleur par fission comme le font aujourd’hui les centrales nucléaires conçues par l’homme.

« Aujourd´hui, il y a plus de peur que de mal. La presse met la charrue avant les bœufs. Vous ne pensez quand même pas que le gouvernement tchadien va se lancer dans une exploitation minière d’une telle importance et faire fi des droits de nos populations« , nous a répondu l’ancien ministre de Mines lorsque nous lui avons fait part des inquiétudes des organisations de la société civile tchadienne au sujet du respect des droits des populations et de la protection de celles-ci.

Les responsables du ministère des Mines, eux, se focalisent sur les deux faits : l’élaboration du Code minier avec l´appui d´experts canadiens et la promulgation de la loi 002/PR/2008 portant sûreté radiologique, sécurité nucléaire et les garanties.

C’est lorsque CMS nous fera part des résultats obtenus et de son intention de passer à la phase d´exploitation que celle-ci procèdera aux études de protection environnementale”, souligne l’ancien ministre. Pendant cette phase, le gouvernement prévoit d’associer les départements ministériels concernés à savoir le Commerce, la Justice, la Fonction Publique, l’Environnement, les Finances, les Mines et Géologie et les Organisations de la société civile tchadienne à ce processus.

Sur le terrain, les populations, les organisations de la société civile et les autorités se plaignent d’un manque d’informations sur les activités relatives à l’exploration de l’uranium.  » Ces travaux de terrain, qu’il s’agisse de la zone du Mayo Kebbi Ouest ou de la partie Est du pays se déroulent en vase clos. Tout se fait sans informer ni les populations riveraines ni les OSC « , déclarent les responsables des organisations de la société civile de Pala.

Les autorités locales non informées

Par ailleurs, le gouverneur du Mayo-Kebbi ouest  déclaré ne pas être informé des travaux en cours dans sa région et avoir exigé dorénavant de CMS (Chad Mining Services) filiale de Signet mining service- une copie de tout rapport adressé aux autorités tchadiennes.

Pour un responsable de CMS rencontré, cela est hors de question car,  » le seul interlocuteur de l’entreprise reste le ministère tchadien des Mines et de la Géologie, seul destinataire des rapports périodiques produits par l’entreprise. Ce sera à ce ministère, s’il le juge opportun, de dispatcher les informations aux autorités locales. Ce n’est pas à nous de le faire« , nous dira-t-il.

Selon les populations, il n’y a aucune concertation entre elles et l’équipe de terrain de CMS. « Ils ne reconnaissent même pas l’existence d’un chef ici« , nous déclare un chef de quartier de Madadjang.

©Naygotimti Bambé

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