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Le bois de chauffage fait de la résistance au Burkina Faso

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C’est un constat que le foyer traditionnel fait de trois pierres disposées triangulairement est devenu plus rare. Si ces foyers sont encore très présents en milieu rural, ils ont été relayés en ville comme en zone semi-urbaine par des foyers de type nouveau, appelés des foyers modernes ou améliorés. « Roumdé », « Fait-tout » sont les foyers les plus en vogue. Ils ont bénéficié d’une campagne médiatique et publicitaire qui les a imposés dans les ménages. Ces foyers sont adaptés pour le gaz et pour le charbon.

Quid du bois ? Malgré les efforts de promotion du gaz et ces avantages indéniables, le bois de chauffe demeure la première source d’énergie pour nombre de ménages, y compris en ville. Dans la famille Fofana située à Gounghin, secteur 8, le bois est le principal combustible. Selon Mme Fofana, après avoir reconnu les mérites du gaz, elle ajoute que « le gaz c’est pour les petites familles ». Dans sa concession, le gaz est utilisé uniquement pour chauffer de l’eau ou à la limite réchauffer les repas. C’est devant sa concession que nous l’avons trouvée le mercredi 8 mai 2012 pendant qu’elle achetait le bois. Pour ce jour, elle a acheté 5000F CFA de bois. Nous avons compté exactement 21 morceaux de bois, d’une longueur moyenne de 1.5m et d’un diamètre de 5 cm « pour une consommation de 10 jours maximum », dit-elle. M. Fofana qui l’a rejoint à côté du camion qui déchargeait le bois, renchérit, « 20 000F de bois, c’est pour un mois et demi maximum » d’utilisation. Mme reconnait cependant que « c’est le gaz qui est plus économique ».

En plus, le gaz a un prix fixe. Avec les vendeurs de bois, c’est toujours un marchandage. Les vendeurs de bois précisent que le bois n’a pas de prix. Le plein du camion peut rapporter 200 000F CFA, selon Sourwema Boureima, un des transporteurs. Mais en ces temps de saison sèche et de canicule, c’est la même litanie de complaintes que ce que nous a servi le vendeur de charbon Yacouba Tabsoba.

Le bois provient des provinces du Ziro et de la Sissili. Pour en transporter, il faut à chaque voyage prendre un permis de coupe qui coûte 5400f et un permis de circulation à 600 F valable pour deux jours. « Si vous faites une panne en route et que les deux jours expirent, vous ne pouvez pas bouger tant que vous n’avez pas pris un nouveau permis de circulation », nous apprend Boureima Sourwema. C’est la période des vaches maigres en ces moments mais les transporteurs de bois vont bientôt se frotter les mains avec l’arrivée de la saison des pluies, disent-ils.

Selon eux, en saison sèche, il y a beaucoup de camions qui transportent le bois, mais quand la pluie va commencer, beaucoup de camions vont garer parce que la tâche sera plus difficile avec la boue qui ne manquera pas. Le bois deviendra rare et son prix sera davantage relevé.

 Par Boukari Ouoba

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