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Kenya: La sécheresse perturbe les écoles mobiles

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Une sécheresse prolongée qui ravage les villes de Garissa et Wajir, dans le nord du Kenya, a interrompu un système d’éducation unique. Les enfants des pasteurs étaient inscrits dans des écoles mobiles, ce qui leur permettait d’apprendre durant la transhumance avec leur famille et leurs troupeaux.

Deux enseignants accompagnaient les familles nomades dans leurs déplacements. Les enseignants, voyageant à dos de chameaux, emmenaient avec eux un sac de livres et un petit tableau noir.

L’école mobile a été instituée pour respecter les traditions et les coutumes des éleveurs, tout en assurant que les enfants ne grandissent pas analphabètes.

Mais depuis juin 2010, de longues périodes de sécheresse dans les zones de pâturage du nord du Kenya ont forcé les enfants de nombreux pasteurs à manquer l’école.

En septembre 2011, des écoles mobiles ont fermé dans les zones où les puits et les barrages sont peu profonds en raison d’un manque d’eau et de pâturage. En novembre, toutes les écoles mobiles étaient fermées alors que la sécheresse s’était intensifiée. Les forages étant à sec, les pasteurs ont été contraints de traverser la frontière avecla Somalie, à la recherche de pâturage.

Hassan Guhad est le plus âgé d’un groupe d’éleveurs de Meri, un camp situé dans un coin reculé du district de Wajir. Il dit: « Nous avons essayé de garder le moral après que certains de nos animaux sont partis pourla Somalieet que d’autres ont péri ici, juste devant nos yeux. » Certains membres de la communauté ont fui vers les zones urbaines. Les enseignants aussi sont partis.

Le système scolaire mobile a débuté en 2008. Une organisation communautaire de Wajir, appelée Frontier Indigenous Network,  a convaincu les dirigeants communautaires que l’éducation laïque est vitale pour leurs enfants et que c’est une condition-clé pour la prospérité. Grâce aux écoles mobiles, les enfants de nombreux pasteurs ayant terminé les cours primaire et secondaire fréquentaient des écoles dans le nord du Kenya.

Les écoles itinérantes sont organisées selon le rythme des communautés nomades. L’enseignement commence dans les premières heures de la matinée. Les enfants ont ensuite le temps de s’occuper de leurs chèvres et de leurs ânes. Les cours reprennent le soir.

Les enseignants locaux, qui comprennent l’anglais et la langue locale somalienne, utilisent différents outils pédagogiques dans ces zones de pâturage à distance. Ali Abdi est l’un des enseignants. Il explique: « Nous utilisons des fruits sauvages pour enseigner les mathématiques afin de faire comprendre les termes mathématiques comme la soustraction, l’addition et les chiffres. » Si aucun fruit sauvage n’est disponible, les enfants comptent les bovins et les chameaux.

Asha Mulki est la coordinatrice du programme d’école mobile pour Frontier Indigenous Network. Elle espère que les écoles seront à nouveau opérationnelles, si le climat le permet. Mais on ne s’attend pas à avoir de pluie avant mars. Ainsi, les écoliers auront trop de retard pour passer les examens et obtenir leur diplôme pour le niveau suivant. Selon Mme Mulki, certains ne reviendront jamais parce que leurs familles ont tout perdu à cause de la sécheresse.

Cet article a été  précédemment publié sur http://hebdo.farmradio.org/

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