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Guerre au Mali : L’uranium ou la malédiction des touaregs

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touaregAprès le Niger, 80.000 touaregs sont sur le point d’être pris dans le piège de l’exploitation uranifère au Mali, à cause de l’inhalation des particules alpha, des conséquences sanitaires effroyables, des nappes phréatiques polluées…

Autant il est avéré d’après l’économiste écossais Adam Smith, considéré comme le fondateur de l’économie moderne, que l’intérêt personnel est la seule « main invisible » qui guide les actions des individus… et des nations, autant on a du mal à croire le président français lorsque parlant de l’opération « Serval »  au Mali, il affirme que « l’intervention de la France n’a d’autre but que la lutte contre le terrorisme ». En dehors des nostalgiques de l’ère de la colonisation autres chantres de la Françafrique qui applaudissent à tout casser, plus qu’à leur tour les exploits des « tirailleurs » français au Mali, les observateurs dans une grande majorité restent sceptiques quant à la sincérité de la démarche française, attendant que la France tombe le masque humanitaire, d’un instant à l’autre.

C’est qu’en réalité, le sous-sol malien est un véritable eldorado minier, avec aux premières loges,  de nombreuses ressources énergétiques extractives, au nombre desquelles l’uranium. C’est le lieu de relever qu’à quelques centaines de kilomètres à l’Est de la zone des combats, en zone nigérienne, l’inénarrable française  Areva-qui vient de produire un rapport  confidentiel alléchant sur l’uranium au Nord du Mali -exploite un gisement d’uranium qui alimente plus du tiers des centrales nucléaires d’EDF. L’intervention militaire française au Mali participe aussi, d’un point de vue quasi unanime, de la volonté de Monsieur Hollande « de protéger des razzias touaregs », cette source d’énergie vitale pour la France.

Des études récentes estiment que « Le plus important potentiel d’uranium se trouve dans la Commune rurale de Faléa, située à l’Ouest du Mali, avec une estimation de 5000 tonnes sur un bassin Mali-Sénégal-Nord Guinée couvrant 150 km2. Dans la région de Gao, au Nord-est du Mali un gisement estimé à plus de 200 tonnes a été également découvert à Samit par la Bayswater Uranium Corporation qui a vendu sa licence portant sur1000 kilomètres carrés à la Cascade Resources Ltd. En outre, à Kidal, dans l’Adrar des Iforas, la compagnie minière australienne Uranium Limited (également présente au nord du Niger), a identifié un important gisement pour un investissement de 610 000 euros. L’exploitation couvrira une superficie de 19,930 km2. » Certes cette ressource n’est pas encore en exploitation.

Mais, après le raz de marée militaire français au Mali, la France voudrait peut-être passer immédiatement à la caisse en lançant l’exploitation des mines d’uranium maliennes, avec son cortège de dérapages.

Exploitation à haut risque

D’après  des rapports d’enquête des associations Sherpa et Criirad sur les sites d’Areva (installations minières et usines d’extraction de l’uranium) au Gabon et au Niger, il ressort que les risques encourus par les mineurs d’uranium, quelle que soit la teneur en uranium de ce minerai, sont avérés. En effet «l’extraction de ce minerai, élément radioactif, conduit à une irradiation externe du corps chez les mineurs et à une contamination interne par les gaz et poussières inhalés ou ingérés, essentiellement dans les poumons et les os à cause des émissions alpha produites par le radon ». Le radon provient de la désintégration de l’uranium, dans les roches et les sols.

Déjà à l’état naturel, l’uranium est dangereux parce qu’il peut émettre des produits de désintégration radioactifs comme le radon et le radium dans l’environnement. Plus dangereux encore est le minerai d’uranium extrait du sol et broyé, car « il expose davantage les humains, la faune et la flore à la radioactivité de l’uranium lui-même et des gaz et solides radioactifs qu’il répand dans l’environnement ».

 Le drame sur les sites d’exploitation d’Areva est que si les promoteurs et principaux responsables étaient au courant des risques de travailler ou d’être riverain desdits sites, un blackout total a été entretenu au niveau des travailleurs et des populations riveraines. « C’est en toute confiance et inconscience que ceux-ci et leurs familles ont séjourné et continuent de séjourner sur la zone d’exploitation ou à proximité de celle-ci ». Plus grave, les résidus de traitement ont été fréquemment utilisés pour la construction de maisons. Pour conclure que le personnel employé dans les sites d’Areva « a supporté une exposition disproportionnée en toute connaissance de cause de la part de l’entreprise ».

Au vu de l’euphorie actuelle au Mali, on craint le pire ici. D’où l’appel à la mobilisation des organisations de la société civile, pour que le peuple touareg au Mali ne connaisse pas le drame qu’il vit au Niger.

Josué yetna

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