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Extrême-Nord du Cameroun : Des raisons de vulgariser le biogaz

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COPRES-SA a initié un projet d’utilisation des déchets animaux biodégradables fermentés à la chaleur du soleil pour produire le biogaz. Réduire la coupe anarchique et abusive du bois de chauffe et protéger l’environnement. La région de l’Extrême-Nord du Cameroun se situe en zone sahélienne, au climat très sec et très chaud. Elle est caractérisée par une forte croissance de sa population et par conséquent, une forte pression humaine sur les ressources naturelles.

Le bois de chauffe est la seule source d’énergie disponible pour les groupes les plus pauvres. Une étude menée par COPRES-SA en2005 amontré que 90% des familles dans l’Extrême-Nord utilisent exclusivement le bois pour préparer leur nourriture. En extrapolant sur la base des données collectées, on arrive à une consommation supérieure à 3 millions de m3 de bois, qui chaque année sont brûlés par les 375.000 familles de la région. A l’issue de ce constat, COPRES-SA a initié un projet de production de biogaz en vue de réduire la consommation du bois dans les familles.

3 millions de m3 de bois sont brûlés chaque année

Le projet consiste en l’utilisation des déchets animaux biodégradables fermentés à la chaleur du soleil pour produire du méthane. L’élevage étant une activité économique très répandue, il a été possible d’équiper en technologie appropriée (les bio digesteurs) quelques ménages de la région pour trouver une solution alternative au bois de chauffe pour la cuisine, mais aussi pour allumer des lampes.

L’introduction des bio digesteurs a radicalement et positivement changé le style de vie des ménages cibles/bénéficiaires, notamment celui des femmes et filles de ménage. Il a aussi contribué à l’économie même des ménages, aussi bien en termes d’argent qu’en gain de temps. Une famille qui avant l’introduction du biogaz consommait 500 FCFA de bois par jour, avec le méthane, économise environ 350 FCFA /jour, 126.000 FCFA par an, soit 504.000 FCFA au bout de quatre ans, période nécessaire pour le dépiéçage et nettoyage du système bio digesteur. Les effluents du processus de fermentation peuvent aussi être utilisés comme engrais biologiques dans le maraîchage.
En outre, l’utilisation du biogaz permettrait de réduire considérablement la coupe anarchique et abusive du bois de chauffe, tout en réduisant les gaz à effet de serre comme le CO2. Les résultats du projet peuvent se résumer, entre autres, à la réduction de la consommation du bois de au moins 50% pour les ménages ciblés, à la sensibilisation de plus de 3000 personnes sur le biogaz, à la formation de plus de 250 personnes sur l’utilisation du biogaz et à la formation d’environ 100 personnes sur les techniques de chargement des bio digesteurs. D’ores et déjà, plus de 50 familles sollicitent au moins un bio digesteur.

Malgré l’attentisme qui persiste dans certains milieux, il faut reconnaître que le biogaz est perçu, par les bénéficiaires comme un point de non retour. Une fois appréciés, ses atouts en termes de temps épargné, de bois épargné, des meilleures conditions d’hygiène, de la réduction de la pénibilité du travail dans la cuisine, de l’assainissement de la concession, un retour à la cuisson au bois n’est plus envisagé.

Dr Maurizio Guerrazzi

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  1. alain dit

    il est urgent que les autorités centrales de Yaoundé prennent des mesures concrètes pour créer une véritable plateforme de débat autour des énergies renouvelables . il va s’en dire qu’à défaut de cela , il est évident que la destruction de la maigre forêt du rand nord va s’accélérer .

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