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Cameroun : stations-service, dépôts de gaz, dangereux voisins

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KongoussiQuel fatalisme ! Interrogez les riverains de stations-services, dépôts de gaz et autres commerces de « zoua-zoua », sur ce voisinage a priori dangereux, et vous obtiendrez pratiquement la même réponse, qui traduit un sentiment de résignation : « C’est Dieu qui nous garde ! ». « On va faire comment ? ». Sauf qu’après l’incident de samedi dernier à Etoudi à Yaoundé, où un dépôt de gaz est parti en fumée provoquant au passage de grosses explosions, certains riverains ont senti la nécessité de s’interroger sur leur environnement. Jeanne Mbong Beyala, habitante de Nkolndongo, ayant mis une partie de sa maison en location à un vendeur de gaz domestique est justement pensive depuis samedi. « J’ai discuté plusieurs fois déjà avec le gérant. Il explique que le dépôt qui a explosé enfûtait les bouteilles de gaz, et que c’est cela qui a fait problème. Mais je ne suis pas rassurée », avoue la dame.

Cependant, en indiquant le mur mitoyen entre son salon et le dépôt de gaz, Jeanne Mbong reconnaît qu’« avant d’aménager, le locataire a quand même mis de la sécurité, en couvrant les murs, le sol et le plafond de planches. Je ne sais pas si ça peut retenir le feu mais je prie Dieu pour qu’il n’y en ai jamais ».

Dans ce dépôt comme dans plusieurs autres à Yaoundé, l’on observe tout de même qu’il y a un souci de prévention de risque, avec un extincteur accroché au mur et des affiches interdisant la cigarette et l’usage des téléphones portables. Mais est-ce suffisant ?

A Yaoundé en effet, les dépôts de gaz et les stations-service sortent de terre au fil des jours, de plus en plus proches des habitations. Pourtant, il s’agit d’établissements classés, dont l’ouverture nécessite une descente sur le terrain des experts, question d’apprécier notamment l’environnement afin de prévenir les risques.

L’on classe d’ailleurs les établissements en fonction des risques qu’ils présentent. Stations-service et dépôts de gaz se retrouvent ainsi à la deuxième catégorie. Ils sont 6 000 sur les 12 000 établissements classés répertoriés à travers le pays. Et la plupart ne dispose malheureusement d’aucune autorisation. A l’instar des points de vente de carburant frelaté, communément appelé « zoua-zoua », en cause dans la plupart des incendies enregistrés dans le Nord du pays. Comme le gaz domestique, ces produits à haut risque se vendent alors clandestinement, parfois stockés à l’intérieur des habitations.

Concernant les stations-service, bien qu’elles se rapprochent également des maisons, les autorités publiques indiquent que c’est un secteur dans lequel les mesures de sécurité sont tout de même observées et observables. Exemple, l’obligation de dresser un mur pare-feu entre la station et le voisinage, s’installer loin des lignes haute tension et observer une distance d’au moins 500 mètres entre deux stations. En cas d’incendie, tout cela aide à réduire les dégâts.

Félicité BAHANE N.cameroontribune.cm

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