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Cameroun : le raz-de-marée du cancer

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cancer duseinA la différence du Vih/Sida pour lequel il n’existe aucun traitement curatif, le cancer, lorsqu’il est découvert tôt, peut être guéri, mais le coût du traitement est hors de portée de la grande majorité des malades, ce qui suppose une mort assurée. Bref, dépistage généralement tardif, rareté de spécialistes et de centre de traitement spécialisé, coût du traitement prohibitif, tout semble prédisposer le cancer à un meilleur avenir au Cameroun.Les statistiques du cancer disponibles sur le Cameroun, annoncent 12000 nouveaux cas par an, dont 900 pour le seul service d’oncologie de l’Hôpital général de Yaoundé. Et la situation ne devrait pas s’arranger pour bientôt du point de vue du chef de service d’oncologie de l’Hôpital général de Yaoundé, Dr Paul Ndom qui révèle en plus du coût de traitement qui est élevé, la grande rareté des centres de traitement, l’état déplorable des routes qui ne favorise pas le déplacement des malades, le manque de spécialistes dans le domaine. A tout ceci, il ajoute la croyance pessimiste qui prône que le cancer c’est la mort.

Autrefois considéré ici (à tort ou à raison) comme la « maladie des blancs ou des riches »,  le cancer s’est démocratisé aujourd’hui pour devenir plus qu’à son tour, l’apanage des toutes les couches de la société camerounaise, surtout les plus défavorisées. En effet, selon l’Organisation mondiale de la santé, chaque année, on diagnostique près de 13 millions de nouveaux cas dans le monde, pour près de 7,6 millions de décès ; et « plus des deux tiers de ces nouveaux cas et de ces décès surviennent désormais dans les pays en développement, où l’incidence du cancer continue à augmenter à une vitesse alarmante ».

Par exemple, s’agissant des deux cancers féminins (du sein et du col de l’utérus) qui régressent en Occident  grâce à une sensibilisation porteuse sur la nécessité de la prévention, dans les pays à revenu faible et intermédiaire, ils continuent de faire des ravages, et leur taux ici est parfois jusqu’à dix fois supérieur à la moyenne internationale. Plus concrètement, plus de 85 % des décès liés au cancer du col de l’utérus surviennent aujourd’hui dans les pays en développement. S’agissant du cancer du sein, même lorsque le diagnostic est établi, on a trois fois plus de chance d’en mourir dans les pays pauvres que dans les pays riches. Pour ne citer que ces cas-là. En fait à en croire les prévisions de l’Oms, le cancer tuera, en 2020, cinq fois plus de personnes dans les pays en développement que dans les pays industrialisés.

Les raisons

À l’Oms, l’on est d’avis que les principaux facteurs qui contribuent à l’augmentation de l’incidence du cancer en Afrique,  sont « la consommation accrue de tabac et d’alcool, une mauvaise alimentation, l’inactivité physique, la pollution de l’environnement et l’action des agents infectieux ». Et pour insister sur l’environnement comme cause de cancer, il faut relever ici qu’en 2009 déjà, des spécialistes affirmaient que, de nombreux résultats prouvent qu’il existe bien des liens entre cette maladie et les ondes électromagnétiques, et divers autres produits chimiques cancérigènes présents dans l’environnement tels que les pesticides, les œstrogènes, le benzène, les parabènes dans les cosmétiques et les shampoings, les phtalates dans les plastiques… Plus grave, soutient l’Oms, la plupart des personnes qui souffrent de cancer n’ont accès, ni à un dépistage ou diagnostic précoce, ni au traitement, encore moins aux soins palliatifs.

Pourtant, à en croire le Dr Oleg Chestnov, Sous-Directeur général de l’OMS chargé des maladies non transmissibles et de la santé mentale, «nulle part dans le monde le cancer ne devrait désormais être synonyme de condamnation à mort car nous disposons de moyens efficaces pour prévenir et guérir un grand nombre de cancers».

Mais au Cameroun, très peu de personnes peuvent disposer desdits moyens. En effet, il est unanimement avéré que le traitement des cancers, même s’il varie en fonction du stade d’évolution de la maladie, est très onéreux. Les interventions peuvent atteindre le pic de 300.000 francs CFA en chirurgie, un million de francs en chimiothérapie, ou encore 300 000 francs CFA en radiothérapie. Les médecins affirment que l’Etat assure une prise en charge au niveau de médicaments qui coutent la moitié de leur prix véritable. Mais la moitié restante reste toujours hors de portée des citoyens ordinaires rendant inaccessible la majorité des malades au traitement ; même les partenaires internationaux ne parviennent pas à être d’un quelconque secours dans ce cas précis.

La solution réside alors dans la prévention qui passe par la sensibilisation. Mais là aussi, beaucoup reste à faire..

Arielle Magoum

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