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Cameroun : le défi du contrôle de la viande par l’estampillage

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ajafe boucherieBien malin est celui qui peut dire avec exactitude où a été abattu l’animal dont la viande est exposée sur les étals de certains marchés. C’est justement qu’avec la profusion des marchés, aggravée par le laxisme des pouvoirs publics en charge du contrôle de la qualité des viandes animales, les abattages clandestins se sont multipliés dans les métropoles camerounaises à l’instar de Douala, Yaoundé…

Plus grave, lorsque lesdites viandes n’arrivent pas sur le marché dans des tacots encrassés ou dans de vieux corbillards reconvertis au transport des restes de bœufs ou de cochons,  elles sont livrées sur des vieilles motos poussiéreuses et enfumées.

En effet, la viande consommée au Cameroun est devenue un gros problème de santé publique qui interpelle les autorités. Et c’est pour y faire face que le ministère de l’élevage et des industries animales a lancé depuis le 1er juin 2013, l’opération d’estampillage de viande.

Pour un début, seule la viande bovine est concernée. Les autres suivront certainement. L’opération qui a pour but de faire échec aux abattages clandestins qui fournissent les marchés en viandes contaminées par les zoonoses voire la tuberculose, toutes maladies qui sont transmissibles à l’homme, a commencé par la ville de Yaoundé et celle d’Obala, située à 80 kilomètres de la capitale camerounaise.

Le matériel d’estampillage consiste en un sceau en fer de forme ovale portant les inscriptions : ISV pour inspection sanitaire vétérinaire au dessus, CMR pour Cameroun au milieu et au dessous CE qui désigne la région du Centre, suivi de deux nombres, le premier indique le département et le second l’abattoir où l’animal a été abattu. Le sceau est trempé dans de l’encre alimentaire de couleur bleue et appliqué sur quelques endroits de la carcasse de l’animal à l’abattoir avant son acheminement au marché.

Et c’est là que les difficultés commencent.  En effet, comme toutes les parties de la viande ne sont pas estampillées, les bouchers s’arrangent souvent à vendre en premier lieu la partie cachetée de leur viande et font ensuite recours aux viandes douteuses. Josiane qui tient à cette prescription administrative vient de l’apprendre à ces dépens. Elle affirme que le boucher lui laissé comprendre qu’il avait déjà vendu la partie estampillée de sa viande. N’ayant aucun moyen pour vérifier la position du boucher, elle a du se résoudre à faire avec.

80% des bouchers malhonnêtes qui acquièrent de la viande suspecte des abattoirs clandestins et rétorquent aux ménagères trop regardantes que la partie estampillée a déjà  été vendue, se trouvent au Marché central de Yaoundé.

Pour dire que si la mesure d’estampillage des viandes à mettre à la disposition des populations traduit une certaine volonté des pouvoirs publics de protéger la santé des camerounais, il reste que cette décision aura de grandes difficultés dans son application. Surtout si on prend  en compte la propension de certains citoyens à reproduire les sceaux de l’Etat, il y a fort à parier que toutes les viandes sur le marché seront estampillées. Comment faire alors pour distinguer le vrai estampillage du faux ?

De l’avis de certaines femmes rencontrées dans les marchés de la capitale, « le gouvernement n’a pas encore trouvé le meilleur moyen de nous protéger des viandes infectes ».

Arielle Magoum

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