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CAMEROUN : LA SUREXPLOITATION DES PANGOLINS S’INTENSIFIENT

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le pangolin en voie de disparition à cause de sa chair

Le chercheur Marius Talla et ses collègues à l’Action for Environmental Governance (Action pour une gouvernance environnementale), une ONG basée à Yaoundé au Cameroun, ont décidé d’enquêter sur les effets des mesures pour protéger les pangolins.

 « La consommation de pangolins fait partie de la culture » dit-il « c’est un plat populaire (comme la plupart des viandes de brousse) en particulier dans les zones de forêt où les communautés n’ont pas les moyens financiers de substituer la viande de brousse par d’autres types de viande tel que le bœuf »

« Les commerçants savent que le commerce de pangolins est interdit et le dissimule pour ne servir que des clients de confiance » dit Talla. Toutefois, il ajoute « nous trouvons facilement des pangolins dans les marchés et les restaurants à Yaoundé et Ebolowa ».

Les raisons qui font que l’exploitation continue malgré les dispositifs de protection sont multiples. Talla pense que l’attachement culturel à consommer de la viande de pangolins n’est pas confiné aux seuls fermiers vivant près des forêts.

« Les magistrats, dont la plupart sont consommateurs de viande de brousse, ne comprennent pas facilement que quelqu’un doit aller en prison pour ça. », dit Talla. La loi de 2017 qui confère les protections les plus importantes du pays sur les pangolins, condamne à une amende de 3 à 10 millions de francs CFA (5 300 $ à 17 500 $) et jusqu’à 3 ans de prison ceux qui ont tué, capturé ou vendu des pangolins.

Talla considère également que le système judiciaire au Cameroun est enclin à de longs ralentissements et les juges ne connaissent souvent pas l’intégralité des lois de protection de la nature. Ce qui complique encore plus le processus des tribunaux, c’est le manque de connexion entre les forêts, les ministères de protection de la nature et les procureurs en charge d’amener les affaires au tribunal.

Talla et ses collègues prévoient maintenant de se pencher sur ce qu’il faut faire pour faire appliquer les lois de protection des espèces en danger. Ils espèrent qu’une telle enquête les aidera à savoir si une application plus renforcée des lois profitera aux espèces sur le long terme.

Talla souligne aussi que le spectre de la corruption est présent à tous les niveaux du gouvernement, et que si les pangolins (et les autres espèces sauvages) bénéficieront de protections internationales de grandes envergures, il est nécessaire de s’attaquer à ce problème omniprésent.

le pangolin en voie de disparition au Cameroun.

Un autre facteur est le manque de ressources financières disponibles pour les agences de protection de la nature. Par exemple, la « brigade anti-braconnage » de chacune des 20 régions du Cameroun a un budget de 500 000 francs CFA seulement (880 $).

Comme l’indique l’équipe dans le rapport, l’indice de perception de la corruption 2017calculé par Transparency International, place le Cameroun au 153e rang sur 180 pays. (La Nouvelle-Zélande, considérée comme le pays le moins corrompu du monde, occupe le premier rang). À la fin des années 90, Transparency International classait le Cameroun comme le pays le plus corrompu de la planète, a déclaré Talla.

« La lutte pour la conservation des espèces de la faune et de la flore sauvages menacées d’extinction ne peut aboutir si elle n’est pas associée à un programme anti-corruption solide », a-t-il déclaré. « La corruption au Cameroun est un défi pour les autorités et, malheureusement, cela n’épargne pas le secteur de la forêt et de la faune. »

Lire l’article original sur MONGABAY

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