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Cameroun : la pollution par les bouteilles plastiques s’accentue !!!

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Le principe du « pollueur-payeur » inscrit dans la loi de 1996 sur la protection de l’environnement impose pourtant aux entreprises productrices d’assurer cette tâche, mais celles-ci payent un droit d’accise à cet effet.

Ce sont des images qui font désormais partir du décor des grandes métropoles du Cameroun, surtout Yaoundé et Douala. Des bouteilles plastiques qui prennent en otage des lits de nombreux cours d’eau et finissent par les étouffer créant des inondations. Ces situations qui sont désormais légion dans le centre-ville de Yaoundé, sont une illustration parfaite des conséquences des déchets plastiques déversés dans la nature. Au point où le Projet d’Assainissement de la ville de Yaoundé (PADY) qui est aujourd’hui dans sa deuxième phase tarde à prouver son efficacité, malgré les milliards de francs mis à contribution pour ce projet. Cette situation est la conséquence du laxisme de l’administration qui a dilué l’application

de la loi de 1996 sur la protection de l’environnement au Cameroun. Les dispositions de cette réglementation sont pourtant claires, il incombe aux entreprises productrices des déchets plastiques d’assurer la collecte et le recyclage de ces déchets. Selon le principe pollueu-rpayeur, « toute personne qui, par son action crée les conditions de nature à porter atteinte à la santé de l’homme et à l’environnement est tenue d’en assurer ou d’en faire assurer l’élimination dans les conditions propres à éviter les dits effets ». Mais, les entreprises productrices des bouteilles plastiques payent déjà un droit d’accise de 25 FCFA par bouteille plastique à cet effet.

Malheureusement, le produit de cette taxe qui est reversé dans les caisses de l’Etat n’est pas mis à profit pour soutenir des initiatives de récupération des déchets plastiques. Des initiatives présentées désormais sous le caractère de responsabilité sociétale des entreprises (RSE), alors que cela fait partir de leur responsabilité.

C’est le cas de la société anonyme des Brasseries du Cameroun (SABC) qui ambitionne par exemple de recycler 30 millions de bouteilles en plastique en 2018. Cette entreprise vient d’ailleurs de signer un accord avec l’entreprise Namé Recycling pour la récupération, le traitement et la valorisation des déchets en plastique générés par l’activité industrielle de l’ensemble de ses usines au Cameroun. L’objectif global étant de récupérer et recycler 30 millions de bouteilles PET.

Ce chiffre représente le triple de l’opération de recyclage organisée en 2017 par le leader du marché brassicole camerounais, qui a pu collecter 10 millions de bouteilles PET. « La deuxième phase du projet concerne les déchets domestiques. Objectif : 80% de bouteilles à récupérer », explique la SABC. Plus loin, en 2016, et grâce à un partenariat avec la Société Hygiène et Salubrité du Cameroun (HYSACAM), la SABC avait collecté 2 millions de bouteilles en plastique en deux semaines dans les villes de Yaoundé et de Douala. Pour sa part, Namé Recycling, entreprise basée à Yaoundé, avait déjà aussi réussi l’exploit de faire disparaître les déchets en plastique à Limbe, dans la région du Sud- Ouest.

D’autres initiatives à l’instar du projet de valorisation des déchets plastiques en approche Haute Intensité de Main d’œuvre (HIMO) par la Fondation Cœur d’Afrique de Roger Milla qui veut paver les cours et voies d’accès des écoles. Un projet lancé en janvier 2018. Une fois la collecte faite, ces déchets sont conduits à la Fondation Cœur d’Afrique où ils sont mélangés à du sable et d’autres ingrédients pour en faire des pavés écologiques.

Ensuite, ceux-ci seront posés dans ladite école. Pour 65 kg de déchets plastiques, l’établissement aura droit à un mètre carré de pavés écologiques. Mais ces initiatives privées devraient bénéficier de l’accompagnement du gouvernement, si lui-même ne prend pas l’initiative d’enlever ces déchets plastiques.

Par Blaise Nnang journal essentiel (Cameroun)

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