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Cameroun : des ONG dénoncent la cession des terres par Paul Biya

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HeraklesLe décret du Chef de l’Etat n’a pas laissé indifférent les acteurs de la société civile qui ont toujours dénoncé la présence « illégale » de la société SGSOC au Cameroun. « Au cours des quatre dernières années, la compagnie n’a pas pu faire la démonstration de sa volonté de respecter la loi et les communautés dans la zone où elle s’est établie. Le Cameroun doit éviter de donner l’impression qu’il est prêt à accueillir à tout prix des compagnies sur son territoire, dans des secteurs aussi sensibles que la gestion des terres » a dénoncé Samuel Nguiffo du Centre pour l’environnement et le Développement.

Une position que partage Greenpeace. En effet, l’organisation qui a souvent dénoncé le projet de SGSOC au Cameroun souligne que la décision du Président Paul Biya « vient démentir totalement les assertions du groupe américain, qui affirmait se trouver depuis longtemps en possession de toutes les autorisations nécessaires pour mener à bien ses activités. Le fait que le bail ne soit accordé que maintenant montre bien que le groupe opère dans l’illégalité depuis plus de trois ans ». Ce qui fait dire à Anuradha Mittal, Directrice générale de Oakland Institute, une organisation basé aux Etats-Unis que le gouvernement du Cameroun « en prenant cette décision se tire une balle dans le pied : il laisse clairement entendre que, sous couvert d’ « investissements », les activités illégales bénéficient de l’impunité au Cameroun, voire sont récompensées. Dans cette affaire, les grands perdants seront le gouvernement camerounais lui-même et les Camerounais ».

La cession des terres à la société SGSOC même pour un bail provisoire, fait craindre un début de conflits dans les villages concernés par le projet de palmeraie du fait de la pénurie foncière. En effet, dans au moins trois villages de l’arrondissement de Nguti, les superficies allouées par décret à SGSOC sont supérieures à celles cédées par les populations et consignées dans le rapport de la commission consultative daté du 08 juin 2013. Notamment à Ayong où l’on observe 605 ha de terres concédés par décret contre 300 ha cédées par les populations; à Sikam ce sont 3410 ha cédés contre 3 110 ha approuvés par les communautés et à Manyemen-Ebanga, 2941 ha attribués contre 2 720 ha.

Face à cette réalité, Samuel Nguiffo  pense qu’il «est urgent qu’une politique nationale de cession des terres arables avec des critères rigoureux de sélection des investisseurs dans ce domaine soit adoptée, afin de ne pas répéter des expériences comme celle de SGSOC ».

SGSSOC n’a pas encore officiellement réagit depuis que la nouvelle a été rendu publique. Nous avons essayé d’entrer en contact avec Monsieur Oben Elvis qui avait en charge la communication de la société mais avons appris qu’il avait a été remercié par l’entreprise.

  En attendant, les ONG soutiennent qu’il est encore temps pour le gouvernement camerounais de faire un meilleur choix, en mettant fin au projet d’Herakles Farms et en gravant des mesures de protection dans le marbre de la législation nationale, notamment pour le développement de plantations de palmiers à huile. Pour Irène Wabiwa, chargée de campagne Forêts pour Greenpeace Afrique que « Cette plantation reste toujours le mauvais projet au mauvais endroit, car les conséquences qu’il entraîne pour les forêts et les moyens de subsistance des populations locales restent inacceptables. »

Mireille Tchiako

In http://mireilletchiako.wordpress.com/

 

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