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Cameroun : Des fraudes inestimables dans les coupes de bois

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Coupe illégale de bois par des scieurs de bois artisanaux dans l'Ituri. 2006.Les coupes illégales sont palpables mais officiellement il n’y a pas de mesures d’impact.

C’est un chemin encore mal déblayé dans la forêt camerounaise. « On ne sait pas exactement la part de fraude dans le million de mètre cube que représentent les activités informelles de coupe, regrette un responsable des contrôles forestiers. On peut faire des projections sur les conséquences, sans plus. »Dans ce million de mètre cube (qui s’ajoute aux 2,5 million de m3 légalement produits), il existe une activité traditionnelle et « tolérée » que recouvre le droit d’usage des riverains s’alimentant en bois pour leurs besoins domestiques.

Prudente avec lez chiffres, notre source au ministère des forêts et de la Faune(Minfof) n’en est pas moins loquace quant aux causes de l’exploitation illégale. La législation forestière est très exigeante de son point de vue. Officiellement cependant, le Minfof note que nombre de coupes informelles et illégales approvisionnent le marché local du bois de construction et d’ameublement dans les grandes agglomérations.

Faute de chiffres en amont, les pertes fiscales pour le Trésor public placé en aval de l’activité d’exploitation forestière ne sont pas davantage calculées. A titre indicatif cependant, le Minfof a estimé en octobre 2011 que le secteur bois qui réalise annuellement un chiffre d’affaires évalué à 327 milliards de F cfa, paye 20 milliards de F cfa de taxes directes à l’Etat sur la même période.

Par ailleurs le gouvernement camerounais a mis en place un programme de sécurisation des recettes forestières(Psrf). Et pour cause, « dans les années 2000, un accroissement des exportations des volumes de bois exportés en grumes et en débités a été constaté. Mais cette progression ne s’est pas traduite par une augmentation « proportionnelle des recettes forestières par rapport aux volumes de bois exportés surtout en débités », reconnait –on au Psrf.

Une observation indépendante des pratiques frauduleuses estime cependant que la situation actuelle est préoccupante. « Environ 75% du bois destiné au marché intérieur est produit par des opérateurs de tronçonneuses travaillant sans titre-en d’autres mots, illégalement », estime une étude du Center for International Forestry Research(Cifor) menée en 2011. Pour cette ONG, l’Etat camerounais ne tire aucun profit de ce commerce pratiqué dans le maquis.

Il faudra cependant sortir rapidement de cette zone de crise. L’Union Européenne, principale destination du bois camerounais exporté, exige, depuis 2012, que ce dernier ne provienne plus que des coupes légales. Une manière de protéger par ailleurs la forêt équatoriale qui est l’un des « poumons » de la planète  avec l’Amazonie, tout en demeurant un moyen essentiel de lutte contre les augmentations de la température.

Jean Baptiste Ketchateng

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