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Cameroun -Bubinga: le sanctuaire à gorilles au coeur d’un trafic

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119778Ces dernières années, c’est dans le sanctuaire à gorilles de Mengame que s’organise principalement le trafic du Bubinga. Le monde opératoire des trafiquants est désormais connu. Ceux-ci entrent dans la forêt de cette aire protégée avec la complicité de certains riverains. Une fois le Bubinga coupé, le porteur de grume entre en forêt au vu et au su de tous. La vérité est que les trafiquants ont pris le temps de mettre toute l’administration des écogardes dans leurs poches.

Le camion grumier quitte la forêt avec son précieux chargement. Direction le port de Douala. Tout au long du parcours entre autres du sanctuaire et des forêts environnantes, jusqu’au port autonome de Douala, le camion qui transporte la grosse bille de Bubinga passe tous de contrôles sans inquiétude

Il en est de même pour les grumiers portant lettres-voitures truquées. On comprend donc que les responsables des postes de contrôle forestiers et leurs différentes hiérarchies sont bien dans la combine. Tout comme l’administration douanière est fortement soupçonnée. La preuve, une fois que les camions qui transportent les billes de bois Bubinga se retrouvent à proximité du Port de Douala, les acheteurs asiatiques qui attendent la marchandise avec une excitation particulière entrent alors en jeu. Ceux-ci (qui de plus en plus vont même déjà dans les villages du sud du Cameroun pour chercher du Bubinga) s’occupent de toutes les formalités. A savoir, le convoiement jusqu’ ‘au parc à bois du port autonome de ce bois précieux. Puis, de l’embarquement dans les containers pour exportation dans les pays asiatiques.

Diverses sources rapportent qu’à chaque étape, l’argent circule dans une ambiance de corruption généralisée. On sait que le Bubinga qui arrive au Port de Douala coûte (selon les chiffres) 3 millions de FCFA le m3. Les asiatiques particulièrement les chinois qui sont dans la filière payent en espèces sonnantes et trébuchantes.

Comment donc un tel trafic sur une essence rare, non seulement interdite d’exploitation mais surtout d’exportation peut-il s’opérer ainsi impunément ? La vérité est que les opérateurs asiatiques de cette filière mafieuse sont pourtant bien identifiés. Leurs complices que ce soit au sein des populations riveraines des forêts (tel par exemple le Sanctuaire à Gorilles de Mengame), où sont localisés les abattages frauduleux de cette essence forestières protégée, ou encore de tous les circuits de convoiement du bois vers le port le sont aussi. Jusque là, aucune réaction efficace pour démanteler cette mafia qui s’attaque non seulement à l’environnement, mais aussi s’enrichit illégalement sur le fruit de la biodiversité nationale.

Ceci sans que les Ong de défense de l’environnement ne lèvent le petit doigt. Il se dit même qu’un ancien chef de la brigade nationale des contrôles forestiers au ministère des  forêts et de la faune (Minfof) s’était illustré particulièrement dans le trafic de Bubinga en direction de la chine. Le mode opératoire étant que ce haut responsable du Minfof qui supervisait toutes les ventes aux enchères de cette essence saisie sur le plan national. 0 partir de là, il s’arrangeait pour livrer ce bois précieux en chine par une alchimie dont il avait seul le secret. Il se dit aussi que le Bubinga avait à un moment donné tellement enrichi les brigadiers forestiers qui roulaient tous en voitures 4/4, au point ou alertée, la Commission nationale anti-corruption (Conac) a fait une descente sur le terrain au cours des mois de juin et juillet 2011

Approchées par le messager, les hautes autorités du ministère des forêts et de la faune renseignent que les fonctionnaires de l’administration forestière et de la faune sont assermentés dans la protection des forêts et de la faune. C’est-à -dire qu’un cas de constat de coupe frauduleuse d’une essence forestière protégée comme le Bubinga notamment, ils doivent appréhender les contrevenants et les présenter directement au procureur de la République qui ouvre immédiatement  une information judiciaire. A la cellule de communication du Minfof, il nous a été demandé de déposer un protocole d’interview adressé au chef de ce département ministériel. Ce que nous avons fait. Et depuis pratiquement un mois, nous sommes sans réponse.

Jean François CHANNON-le Messager-

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