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Abattoir de Douala:vétusté et insalubrité au menu

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L’endroit consacré à l’abattage des animaux croule sous le poids de l’âge et du manque d’entretien.La demande est souvent si forte que le rythme de travail est soutenu à l’abattoir de Douala. « Nos machines peuvent abattre 200 bœufs par jour. Mais depuis un certain temps, avec la demande qui augmente, nous nous retrouvons en train d’abattre 350 à 400 bœufs au quotidien », situe le chef de la production à l’unique abattoir de Douala, Moïse Roger Ngan. Visiblement, l’abattoir situé au quartier Bonendalè fait plus qu’il n’en faut. Les bœufs à abattre et à nettoyer sont au moins deux fois plus nombreux que la capacité requise. Comme on le dit de manière triviale, les 90 abatteurs peuvent « mourir de boulot ».

Matériel vétuste

La révision dure une demi-heure. Les machines sont par la suite garnies d’antirouille pour éviter d’éventuelles perturbations pendant le travail, comme c’est souvent le cas. « Cela arrive de temps en temps avec la grande scie, le compresseur et le vérin et quelques fois de la chambre froide, quand il y a un nombre élevé de bœufs. C’est pour cela que nous avons des techniciens qui sont là pour la révision des machines », explique le chef de production, qui redoute également les coupures d’énergie électrique, lesquelles ralentissent le travail. « Il y a constamment des problèmes d’eau ici, mais aussi d’électricité. Quand on coupe l’électricité, le générateur ne démarre pas directement et nous sommes obligés d’interrompre le travail », se plaint un abatteur, la mine serrée.

Insalubrité
La célérité dans l’exécution des différentes tâches peut alors prendre un coup, au regard du nombre important de bœufs tués et de l’insuffisance du personnel. La vétusté du vérin, quelque peu rouillé, ne facilite pas le travail. Outre le vérin, le matériel servant à la chaîne d’abattage du bœuf date de longtemps. Une odeur nauséabonde se dégage de l’intérieur de l’abattoir. Il y a la saleté dans presque toutes les parties de la chaîne. Là où sont nettoyées les tripes, à la triperie, des mouches régnant en maîtres ont investi le lieu. L’évier a perdu de sa couleur initiale et laisse transparaître une teinture noirâtre. C’est pourtant là que se nettoient les intestins et autres organes internes de la bête.

Quant à la peau, on la laisse à même le sol, après lui avoir collé un numéro. Une surface sur laquelle circulent les liquides sortant desvbêtes ou encore à la merci des bestioles en tous genres. Exposés à la portée des mouches et autres insectes, ces morceaux de viande sont déposés dans un lieu pas toujours approprié, jusqu’à l’arrivée du propriétaire. L’insalubrité dicte donc sa loi dans tous les secteurs et compartiments de cet abattoir. A côté, des meubles déjà usés par l’effet du temps, en contact permanent avec la viande, en rajoutent à l’insalubrité.

Une situation qui n’arrange pas les bouchers et vendeurs de viande. Puisqu’ils ne cachent pas leur colère. « On va faire comment ? C’est le seul abattoir de Douala. Pour la saleté, nous vivons cette situation quotidiennement. C’est sale partout. Que faire ? C’est abattoir public, on n’a pas d’autre choix », clame un boucher, l’air résigné. Dans cet environnement, les acteurs de la chaîne peuvent passer toute la journée, jusqu’à une heure avancée de la nuit.

Brondon Ngando

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