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Approvisionnement en eau :l ‘Extrême Nord du Cameroun vit un cauchemar

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eauLe Mayo-Tsanaga a véritablement soif et ça, l’Etat le sait. Malgré les cris alarmants des populations qui vont de doléances en doléances au fil des manifestations publiques, rien n’a véritablement bougé à ce jour. Même quelques initiatives prises et entamées par l’Etat avancent à pas de tortue, alors que le besoin est pressant.

Le 22 mars 2004, le Premier ministre d’alors, Ephraim Inoni, procédait à la cérémonie d’inauguration de l’adduction d’eau Mokolo-Mora, dont les travaux ont coûté 7 milliards de francs Cfa, fruit d’un prêt de la Banque islamique de développement. 63 bornes fontaines desservant 34 importants villages le long du tracé de 67 kilomètres. Mais, après deux années de fonctionnement et suite à la mauvaise gestion par leurs tenanciers, dit-on, les 63 bornes qui traversent tous les villages du département du Mayo-Tsanaga sont à sec. Leur réparation et leur remise en fonctionnement longtemps annoncées sont restées lettre morte.

En 2013, le ministre délégué auprès du Minépat, Yaouba Abdoulaye, procédait au lancement des travaux du projet d’adduction d’eau potable à partir du barrage de Mokolo jusqu’à Soulédé-Roua, pour un montant de 2,7 milliards de Fcfa, sur un linéaire de 32 kilomètres. Le projet global portait alors sur une canalisation d’environ 17 kilomètres, avec 31 bornes fontaines dans les localités situées le long du trajet. Les travaux aussitôt entamées ne sont exécutés que sur 7 kilomètres avec 10 bornes fontaines construites, mais non fonctionnelles. Les travaux sont à l’arrêt et le projet qui marquait pour beaucoup la fin du supplice, s’est arrête net.

Les politiques engagées donc par l’Etat pour permettre aux autres unités administratives du département pour bénéficier de l’adduction d’eau à partir du barrage de retenue d’eau de Mokolo ont toujours lamentablement jusqu’ici échoué. Entretemps, les populations de ce département peuplé de près d’un million d’habitants continuent de trinquer.

Assèchement

Les statistiques indiquent que dans le département, il y a un seul point d’eau pour 1.020 personnes, alors que la norme nationale prévoit un point d’eau pour 250 à 300 personnes.

Le barrage de retenue d’eau de consommation de Mokolo ne limite la disponibilité en eau qu’au petit centre urbain. Pour les autres arrondissements, (Bourha, Hina, Mayo-Moskota, Mogodé, Soulédé-Roua), « l’eau qui sort du mur » est devenue un luxe dont on a toujours rêvé.

Dieu seul sait comment vivraient les populations du Mayo-Tsanaga si le barrage de retenue d’eau n’avait pas existé. Les travaux de cet ouvrage dont on dit qu’il a été construit grâce aux affinités du premier président de la République du Cameroun, Ahmadou Ahidjo, avec ce département situé à sept kilomètres de la ville de Mokolo ont débuté en 1978, pour s’achever un an plus tard. D’une capacité de 3 millions de mètres cubes d’eau, il permet d’abreuver près de 800.000 habitants de Mokolo, Mora et des localités situées le long de l’itinéraire.

Mais, le barrage de Mokolo ne vit plus ses plus beaux jours, menacé qu’il est d’assèchement. Depuis sa mise en service 1979, la pratique des activités jugées nocives (baignades, lessives et activités agropastorales sur ses bordures, l’explosion démographique, les changements climatiques, l’ensablement et l’accumulation des déchets végétaux ont conduit à la dégradation alarmante de la qualité d’eau à traiter. Lire la suite sur http://mutations-online.info/.

Jacques Kaldaoussa

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